APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Pour des indemnités de licenciement justes : entre 70.000 et 180.000 euros
8 janvier 2014, par

Lundi, les salariés de l’usine d’Amiens ont décidé d’assigner dans l’établissement le directeur de production et le directeur des ressources humaines. Ils demandent des indemnités de licenciement à hauteur du préjudice subi, soit entre 70.000 et 180.000 euros. La direction ne propose que 20.000 euros. Les travailleurs ont donc décidé de maintenir ces deux chefs à l’usine dans l’attente de l’ouverture de négociations.
La direction de Goodyear a décidé de licencier tous les travailleurs d’une usine, ils sont plus de 1.000. Pour acheter la paix sociale, elle propose 20.000 euros par personne. Les travailleurs estiment justement insuffisante cette somme par rapport au préjudice subi. Ils demandent entre 70.000 et 180.000 euros par salarié au titre d’indemnités. Face au refus de la direction, les travailleurs ont donc décidé de retenir le directeur de production et le directeur des ressources humaines. Ils ont expliqué à la télévision que les deux gestionnaires seront assignés à l’usine tant que les négociations ne s’ouvriront pas.
Le DRH a été nommément accusé d’avoir eu comme tâche principale de préparer la fermeture de l’usine. Quant à l’autre directeur, il n’en menait pas large, parlant de séquestration.
Les salariés ont démenti cette accusation, expliquant que les deux dirigeants ont tout loisir pour communiquer avec l’extérieur. Ils sont nourris gratuitement. Ils sont mis au même régime que les travailleurs : l’assignation dans l’usine.
Depuis le mois de novembre, les salariés de l’usine ont décidé de bloquer le stock de pneus. Ils considèrent que ces marchandises sont déjà une première garantie pour le paiement des compensations qu’ils demandent.
La fermeture de l’usine Goodyear d’Amiens ne signifie pas que le fabricant de pneus a des difficultés. Bien au contraire, avec la mondialisation ultra-libérale, il a la possibilité de faire fabriquer les mêmes produits dans des pays où les salaires sont beaucoup moins élevés, tout en continuant à les vendre en France, sans doute au même prix. Cela permet donc au patron d’augmenter considérablement son bénéfice. Pour cela, il est prêt à licencier plus de 1.000 personnes.
Les travailleurs estiment désormais qu’il n’est plus possible de sauver l’usine. Ils savent aussi qu’ils seront sans travail dans un pays où le taux de chômage est de 10%. Ils pensent qu’ils auront d’importantes difficultés à retrouver un travail et ils demandent donc une indemnisation à la hauteur du préjudice subi.
La particularité de ce conflit tient dans sa médiatisation. Pour annoncer leur action, les travailleurs ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle les deux dirigeants pouvaient répondre aux questions des journalistes. Ils ont ainsi lancé un avertissement solennel à tous les patrons voyous.
Ce fait témoigne de la tension qui existe dans un pays où le taux de chômage est à 10%. Cela donne une idée de ce qui peut survenir à La Réunion avec près de 30% de chômage.
M.M.
Hier dans "l’Humanité" : « Goodyear : la CGT change de braquet »
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