Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Trois ans après la nébuleuse de la Iode Holding
12 août 2004

Veut-on enterrer le dossier Gouvernet-Sobepret ? L’UIR-CFDT Bâtiment se le demande. Trois ans après la liquidation judiciaire des entreprises dans des conditions douteuses, les principaux responsables ne sont toujours pas inquiétés par la justice.
Il y a trois ans, le monde du bâtiment réunionnais était frappé par les malversations d’une holding suisse qui ont privé d’emploi quelque 300 Réunionnais. Leurs entreprises, jadis florissantes, ont été pillées avant d’être abandonnées par leur dirigeant. Pour mettre fin à une situation illégale et inacceptable, l’UIR-CFDT avait obtenu devant la justice la liquidation judiciaire de deux de ces entreprises (Agrégats services, Gradiant), mais les principaux responsables ne sont toujours pas inquiétés par la Justice.
Le représentant du personnel de la S.I.R. (Société industrielle routière) n’a jamais été auditionné. Gilles Fontaine a porté plainte pour se constituer partie civile ; non seulement il n’a jamais été convoqué par le juge d’instruction, mais encore sa requête même n’a pas encore obtenu de réponse.
"Nous attendons que les responsables de l’escroquerie passent devant les tribunaux. Pendant que le dossier prend la poussière, ils continuent d’investir, à la tête d’autres entreprises. Les 300 salariés victimes de leurs agissements arrivent eux en fin de droit à l’ASSEDIC ; ayant en moyenne entre 40 et 45 ans, leur réinsertion dans le monde du travail s’avère improbable" déclare Pierre Savigny de la CFDT-Bâtiment.
Pour l’ensemble du syndicat, il y a une forte impression que ce silence est voulu, que tout est fait pour enterrer le dossier. Par contre les représentants syndicaux ont été attaqués pour diffamation alors qu’ils ne faisaient que dénoncer justement une situation inacceptable. Ils ont été mis en examen en 2003 et condamnés en correctionnelle en 2004 à payer une amende de 1.000 euros.
Aujourd’hui, l’UIR-CFDT demande que soit acceptée sa constitution en tant que partie civile, pour avoir accès au dossier. L’organisation syndicale ramène l’attention sur le sujet. Que fait le parquet ? Les rapports de la brigade financière fait état d’abus de biens sociaux, de banqueroute frauduleuse, d’organisation d’insolvabilité. Pourquoi ces dirigeants continuent-ils à gérer des entreprises ? Comment peuvent-ils aujourd’hui encore être impliqués dans la liquidation des actifs ? Autant de questions aujourd’hui sans réponses.
Eiffel
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