Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
6ème jour de blocage patronal
3 juin 2013

Les grèves qui durent se multiplient à La Réunion. Le conflit à la CILAM a débuté depuis 5 jours déjà. Après Carrefour Sainte-Suzanne et la SERMAT, l’intransigeance patronale va-t-elle de nouveau mettre en difficulté de nombreuses entreprises ?
50 euros d’augmentation, une prime de 600 euros et 4 tickets restaurants, c’est ce que demandent les travailleurs en grève de la CILAM. À l’appel de la CGTR et du SAFTPTR, les travailleurs ont lancé la mobilisation mercredi. Pour sa part, la Direction propose entre 1,3 et 2%, « soit moins de 15 euros nets pour les plus bas salaires » , précise la CGTR. Le syndicat affirme que cette société « aurait réalisé plus de 5 millions d’euros de bénéfices, et aurait distribué plus de 2 millions d’euros aux actionnaires ».
Depuis ce week-end, l’arrêt de l’usine de la CILAM a commencé à avoir un impact sur d’autres entreprises. Les éleveurs ne peuvent plus livrer leur lait à la transformation. La coopérative SICALAIT n’a pas d’installations permettant un stockage suffisant, les exploitations non plus. C’est ce qui est avancé pour justifier le gaspillage de 120.000 litres de lait.
La conséquence de cette décision, c’est de constater qu’un secteur de l’économie est paralysé à cause d’un dialogue social en panne.
Après Carrefour Sainte-Suzanne et SERMAT au Port, l’intransigeance patronale va-t-elle encore déboucher sur un conflit de plus d’une semaine, touchant de multiples entreprises ?
Cette durée donne en tout cas une indication sur l’aggravation de la crise dans notre île. Car les grèves se prolongent, des patrons tentent de gagner à l’usure, mais les travailleurs résistent.
| 120.000 litres de lait gaspillés Alors que dans notre île, plus de 30.000 familles dépendent de l’aide alimentaire, le gaspillage de 120.000 litres de lait interpelle. Toute cette nourriture est définitivement perdue. N’y avait-il pas une autre solution pour éviter de détruire une telle quantité de lait ? Si le blocage patronal persiste à l’usine de la CILAM, sera-t-il encore décidé de rendre impropre à la consommation humaine tout le lait devant être transformé par la CILAM ? |
| Vulnérabilité de l’économie Au cinquième jour de grève dans une usine, les éleveurs ne peuvent plus livrer. Ce secteur travaille en effet à flux tendu. En moins de 5 jours, les installations de stockage sont déjà saturées, puisque les éleveurs et la coopérative jettent le lait. Il suffit de l’arrêt d’une usine pendant quelques jours pour qu’aussitôt, de nombreuses entreprises en subissent les conséquences. Le consommateur devra aussi subir, car pour compenser l’absence de production, les importations seront davantage sollicitées. Vers une nouvelle hausse des prix à l’horizon ? Comme le conflit à la SERMAT, celui de la SICALAIT rappelle la vulnérabilité de l’économie. |
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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