Luttes sociales

Grève à la clinique de Saint-Joseph : des travailleurs menacés de sanction

Le conflit s’étend dans le groupe Clinifutur

Manuel Marchal / 6 janvier 2017

Au bout de 4 semaines de grève à la Clinique de la Paix à Saint-Benoît, toujours pas de solution malgré la volonté d’un repreneur de prendre la suite de Clinifutur pour gérer la clinique tout en respectant les droits des travailleurs. À Saint-Joseph, un deuxième jour de grève commence. 5 salariés sont convoqués par la direction pour avoir débrayé hier une demi-heure. La CGTR ne laissera pas passer cette tentative d’intimidation. Une délégation de la section PCR de Saint-Pierre est venue apporter ce matin son soutien aux grévistes de Saint-Joseph.

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Le conflit social dans deux cliniques du groupe Clinifutur reste toujours bloqué. Concernant la Clinique de la Paix à Saint-Benoît, une réunion avait lieu hier à la DIECCTE. Rappelons que cet établissement est touché par une grève depuis 4 semaines. Les travailleurs demandent des hausses de salaire et l’amélioration de leurs conditions de travail. Pour sa part, le groupe Clinifutur a dit qu’il est prêt à céder la clinique pour l’euro symbolique. La CGTR a trouvé un repreneur. Ce dernier est prêt à prendre la suite, tout en acceptant les revendications des travailleurs.

L’État doit intervenir à Saint-Benoît

Hier, des représentants des grévistes ont été entendus, ainsi que la direction du groupe Clinifutur. Les patrons ne veulent pas céder et renvoie les discussions aux prochaines NAO. Concernant la reprise, ils maintiennent le flou, ils affirment que la clinique a un déficit de plus d’un million d’euros. La CGTR demande donc des explications sur l’origine de ce déficit. Max Banon, responsable du syndicat, rappelle qu’en France, dans une situation pareille, l’État intervient. Cela doit donc aussi être le cas à La Réunion. En effet, le projet de reprise permettrait de faire de la Clinique de la Paix un pionnier de l’économie sociale et solidaire dans ce secteur. « La balle est dans le camp des autorités, la ministre des Outre-mer doit s’inquiéter de la situation », ajoute Max Banon.

À Saint-Joseph, la grève a commencé hier et aussitôt la menace de la répression est agitée. En effet, hier 5 salariés ont débrayé pendant une demi-heure. Conformément au Code du Travail, un débrayage ne nécessite pas un préavis. Malgré cela, ces travailleurs sont convoqués aujourd’hui par la direction, ils risquent des sanctions.

Tentative d’intimidation à Saint-Joseph

La CGTR dénonce cette tentative d’intimidation. Pour Max Banon, le MEDEF ne doit pas être loin derrière un tel procédé. Le syndicat ne laissera pas passer un tel coup.

Après l’intervention de Max Banon auprès de la préfecture, la directrice de la clinique s’est rendue hier dans l’établissement. Le syndicaliste souligne que la direction doit être présente, même si la clinique est en grève, car c’est un établissement de santé.

La directrice est venue au piquet de grève pour donner sa position. Elle estime qu’elle ne peut donner suite aux demandes des travailleurs en termes de hausse des salaires, car les NAO sont terminées. La CGTR a répondu qu’à Saint-Benoît, dans une autre clinique du groupe Clinifutur, les négociations ont été rouvertes après la fin des NAO. Autrement dit, rien n’empêche de discuter des revendications des travailleurs.

Ce matin, une délégation de la section communiste de Saint-Pierre est venue apporter son soutien aux travailleurs en grève de la clinique de Saint-Joseph.

M.M.