Luttes sociales

Grève à la SIDR pour de meilleures conditions de travail

Nouvelle montée de la tension sociale dans la société HLM

Manuel Marchal / 12 juin 2018

L’appel à la grève lancé hier par 4 syndicats (CFE/CGC - CFDT – CGTR - FO) pour protester notamment contre la réduction des effectifs alors que le nombre de logements, et donc la charge de travail, suit la tendance inverse. C’est le deuxième conflit en un peu plus de 6 mois depuis que CDC-Habitat, l’ex-SNI, est devenue l’actionnaire majoritaire à la suite d’une loi soutenue alors par Ericka Bareigts, qui était ministre des Outre-mer.

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Hier, la SIDR a été paralysée par le lancement d’une grève à l’appel de l’Intersyndicale CFE/CGC - CFDT – CGTR – FO. Le mouvement a été très suivi, car la direction reconnaît elle-même que le taux de grévistes a atteint 50 %.
Les travailleurs ont organisé une manifestation devant le siège de la SIDR, rue Félix Guyon à Saint-Denis, avant de se diriger vers la Préfecture puis au Conseil départemental. La collectivité détient 43 % des actions de cette société de HLM. Ils dénoncent notamment la baisse continue des effectifs. En 2017, la SIDR comptait environ 430 salariés, dont 400 en CDI. Les syndicats soulignent que les départ en retraite ne sont pas remplacés. Louis Laope (CGTR) a indiqué hier à Imaz Press que 37 personnes étaient parties l’an dernier, 30 départ sont prévus cette année et autant en 2019. Pendant ce temps, la charge globale de travail ne baisse pas car le nombre de logements gérés par la SIDR augmente.

C’est le deuxième mouvement social en un peu plus de 6 mois à la SIDR. Le précédent date de décembre dernier. Les travailleurs protestaient contre les licenciements et manifestaient leur inquiétude à la suite du rachat de la majorité des actions par la Société nationale immobilière, SNI, une filiale d’une banque française, la Caisse des dépôts et consignation. Depuis, la SNI a changé de nom, elle est devenue CDC-Habitat.

Rappelons que dès mai 2016, Paul Vergès avait alerté que les conséquences de la vente de la SIDR à la filiale de la CDC dans une question écrite au gouvernement. Il avait déposé un amendement au mois de juillet suivant. « Concernant la vente des 7 SIDOM à la SNI, le Sénateur Vergès demandait la suppression pure et simple de l’article. D’autant plus que cette opération se déroule sans qu’il y ait eu réelle concertation avec les élus réunionnais », précisait un communiqué daté du 8 juillet 2016. En effet, un des risques de cette opération est « la prépondérance qui pourrait être donnée au logement intermédiaire. C’est ce qu’il ressort clairement des déclarations du patron de la SNI, lors de sa visite à La Réunion. Comment peut-on vanter ainsi le logement intermédiaire dans une île où 52 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et où l’on enregistre 24.000 demandes de logement social ». Son combat avait été poursuivi au Sénat par Gélita Hoarau qui a dû faire face à l’opposition d’Ericka Bareigts, alors ministre des Outre-mer. Cette dernière soutenait donc la vente de la SIDR à la SNI.

Pour sa part, la direction de la SIDR affirme que « cette grève est déclenchée à l’issue des négociations annuelles obligatoires qui n’ont pu être conclues par un accord avec les représentants syndicaux. Compte tenu de la situation financière de l’entreprise, la direction a en effet estimé qu’il n’était pas envisageable d’accorder une augmentation collective aux salariés. Cette situation financière dégradée, connue des partenaires sociaux et de l’ensemble des salariés, a fait l’objet de communications internes régulières ». Elle invite les représentants syndicaux à rencontre André Yché, président de la CDC Habitat, nouveau nom de la SNI qui rappelle son statut de filiale d’une banque française, la Caisse des dépôts et des consignations. Le dirigeant de « l’actionnaire de référence » viendra de France pour participer au Conseil d’administration de la SIDR qui se tiendra en fin de semaine.

M.M.