Luttes sociales

Grève générale du COSPAR aujourd’hui : seule la mobilisation paye

Témoignages.re / 10 mars 2009

« Demain (aujourdhui - NDLR), tout peut devenir possible dans un rapport de forces favorable », déclarait hier matin Jean-Pierre Rivière, membre du COSPAR, juste avant la reprise des négociations à la préfecture.
Rendez-vous est fixé dès 9 heures devant la Mairie de Saint-Pierre et au parking du Petit Marché à Saint-Denis pour porter les 62 revendications, et cette fois, faire qu’elles aboutissent.

Le COSPAR plus déterminé que jamais hier matin, avant la reprise des négociations à la préfecture. Les membres du collectif ont appelé la population à une grande mobilisation pour la grève générale d’aujourd’hui et ont fait le point sur l’état des négociations de la fin de semaine au siège de la CFDT. Histoire aussi de couper court aux accusations de refus du dialogue portées par le patronat.
Car si le patronat a bien voulu se mettre autour de la table vendredi dernier, insiste Jean-Pierre Rivière (CFDT), c’est parce que 35.000 Réunionnais sont descendus dans la rue le 5 mars. Quant aux opérations coup de poing, elles ont eu le mérite de maintenir la pression, d’après Ivan Hoarau (CGTR). « Si la grande distribution est revenue à la table des négociations, c’est parce que nous n’avons pas cédé », affirme-t-il. Les actions du COSPAR ont contraint le patronat à revoir ses propositions « insuffisantes ».

Prix

Concernant les prix, rappelle Jean-Pierre Rivière (CFDT), la grande distribution a proposé d’effectuer un travail sur la structuration des prix et de remettre une carte aux bénéficiaires de minima sociaux pour une baisse des prix aux caisses des magasins. Refus catégorique du COSPAR. Le collectif revendique une baisse de 20% sur 500 produits pour tous, et dans l’immédiat. Pour le travail sur la structure des prix, la grande distribution a eu tout le loisir d’y réfléchir avec l’Observatoire des Prix et le chariot-type.
La grande distribution avait proposé une baisse de 5 à 20% sur 127 produits appartenant à 80 familles. Ce qui a pour conséquence « d’imposer au consommateur d’acheter un seul article d’une famille qui comporte parfois 10 articles », affirme Jean-Hugues Ratenon (Agir Pour Nout Tout). Un effort que la grande distribution veut faire porter aux collectivités avec une baisse de la TVA ou de l’Octroi de mer, en rognant le moins possible sur les marges.

Salaires

Concernant les 200 euros d’augmentation pour les salaires modestes, l’Etat s’engage à prendre en charge la moitié, laissant le reste aux entreprises. Le MEDEF a proposé de financer 25 à 50 euros et la CGPME de 0 à 30 euros. Demandant ainsi à épargner les petites entreprises. Là encore, le COSPAR reste ferme. « 200 euros pour tous, quitte à moduler l’aide de l’Etat pour les TPE ».

Logement

Seules avancées pour le logement, saluées par Eric Fontaine, le gel des loyers et la revalorisation des allocations. La fin d’une « injustice que La Réunion a subi depuis des années ». Mais aucune réponse n’a été apportée pour les personnes âgées, les handicapés, les étudiants, les 26.000 demandes de logement en attente. « Nous voulons un projet global de développement. C’est l’ensemble des revendications ou rien », insiste Eric Fontaine.

Etudiants

« Malgré l’urgence sociale exprimée depuis des mois, nous n’avons aucune réponse », déclarait hier Gilles Leperlier (UNEF). La rencontre avec le recteur vendredi soir n’a rien donné, les étudiants ont donc bloqué le Rectorat hier matin, avant une nouvelle rencontre. Les revendications ? Gel des loyers des logements étudiants du CROUS, gel des suppressions de postes dans l’Education nationale, augmentation de 200 euros des bourses étudiantes, 200 euros sur les bas salaires des agents de catégorie C, le report de la masterisation de l’IUFM, un vrai budget pour l’université. La FSU ajoute : la résorption des emplois précaires, relever le plafond de la CMU, une complémentaire santé pour les moins de 25 ans.

EP


Appel à la solidarité des collectivités

Le COSPAR appelle à une nouvelle manifestation aujourd’hui. Départ à Saint-Pierre place de la Mairie à 9 heures, et à Saint-Denis au parking du Petit Marché. Le collectif demande aux collectivités de laisser leurs salariés participer à la grève générale. Pour le privé, le collectif rappelle que la grève est un droit et dénonce les pressions subies par des salariés après le 5 mars. Max Banon, du Collectif Sud, y faisait allusion pour EDF.