Luttes sociales

Grosse mobilisation : plus de 10.000 manifestants à Saint-Pierre

Sophie Périabe / 6 mars 2009

Hier matin, plus de 10.000 personnes, selon les organisateurs, se sont rassemblées devant le centre commercial de la ZAC Canabady à l’appel du COSPAR. Syndicats, étudiants, politiques, associations, ouvriers de l’usine du Gol et simples citoyens se sont mobilisés pour défendre la liste des 62 revendications établis par le collectif.

C’est sous un soleil de plomb et dans une chaleur étouffante que les manifestants, très motivés, sont partis de la ZAC Canabady à 10 heures. La banderole du COSPAR a ouvert le cortège, suivi des étudiants du campus Sud, puis les syndicats CGTR, CTDT, UNSA, CFTC, FO, Solidaire, etc… Des représentants du PS et PCR étaient également présents dans la foule. Plusieurs corps de métiers ont rejoint le défilé, et notamment des assistantes familiales ; comme promis, les salariés de l’usine du Gol se sont aussi fait entendre pour dire non aux licenciements prévus par la Direction de la Sucrière de La Réunion.
Direction la rue Luc Lorion. Plusieurs dizaines de manifestants ont organisé un sit-in improvisé de 20 minutes à la station-service Total dans une ambiance bon enfant.
Le cortège a ensuite emprunté la rue commerçante des Bons Enfants pour rejoindre l’hôtel de Ville de Saint-Pierre. C’est un centre-ville mort que les manifestants ont trouvé. En effet, les grilles des magasins sont restées baissées à l’appel du collectif des petits commerçants et artisans saint-pierrois solidaires du COSPAR.
Après plus de 2 heures à arpenter les rues du centre-ville, les grévistes arrivent sur la place de la Mairie toujours en chantant et en dansant. La place est noire de monde.

Des opérations ponctuelles dans les jours à venir

C’est devant une foule toujours aussi motivée que le COSPAR a tenu son discours. Après avoir rendu hommage à Jacques Binot, le syndicaliste du LKP tué le 17 février dernier en Guadeloupe, Yannick, un étudiant de l’UNEF, a ouvert les discours. Selon lui, « le rassemblement d’aujourd’hui était nécessaire quand on connaît le malaise qui règne dans la population. Le patronat a peur, le MEDEF redoutait la manif d’aujourd’hui, il faut maintenant continuer à se faire entendre. Nous en avons marre des bas salaires, du chômage, de la précarité, des monopoles ».
Max Banon du COSPAR a ensuite rappelé les revendications du collectif en demandant l’ouverture de « réelles négociations. Il faut se battre pour une meilleure répartition des richesses ». Des opérations coup de poing sont à prévoir pour les jours à venir, a assuré le collectif, en attendant une prochaine grosse mobilisation mardi prochain.
L’après-midi a été marqué par la tenue du débat public sur la place de la Mairie en présence des élus du Sud.

Sophie Périabe