Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Semaine pour l’emploi des personnes handicapées
16 novembre 2004

Préjugés et méconnaissance représentent le principal frein à l’intégration professionnelle des personnes handicapées. Qu’il soit de naissance ou acquis, le handicap bouleverse la vie de ses porteurs mais ne remet pas en cause leurs compétences.
Handicapé n’est pas synonyme d’incompétent. Pour cette 3ème édition de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées (c’est la 8ème en Métropole), l’Agefiph, organisme gestionnaire du fonds pour l’insertion des personnes handicapées, souhaite poursuivre et amplifier la mobilisation des différents acteurs (entreprises, personnes handicapées, professionnels de l’insertion...) sur la question de l’intégration professionnelle des porteurs de handicaps.
Dix CV (curriculum vitae) géants seront mis en scène sur les grilles de la Villa du Département pour interpeller le public et les professionnels sur l’embauche des travailleurs handicapés.
"Nous avons souhaité mener une action de communication grand public, car la vision que la société a du handicap est un frein à l’évolution des comportements et des mentalités", justifie Catherine Logeais, déléguée régionale de l’Agefiph.
Parallèlement, CV et lettres de motivations seront envoyés aux 340 établissements d’au moins 20 salariés, assujettis à la loi du 10 juillet 1987 et qui préfèrent s’acquitter de la taxe (1,8 millions d’euros versés à l’Agefiph en 2004) plutôt que d’employer 6% de personnes handicapées parmi leur effectif.
Il semble que le montant de la taxe ne soit pas suffisamment dissuasif, c’est pourquoi le projet de loi sur le handicap, toujours en cours de travail, prévoit de l’augmenter d’ici l’année prochaine.
À La Réunion, les entreprises de plus de 20 salariés emploient peu ou pas de personnes handicapées. Ce sont les deux tiers des entreprises de moins de 20 salariés, pourtant exemptées de l’obligation d’embauche, qui les intègrent le plus. Pour Catherine Logeais, elles sont les premières créatrices d’emplois et leur dimension facilite le contact avec l’employeur et le reste des collègues.
"C’est la première embauche qui compte", soutient-elle, celle qui permet de faire tomber les barrières des a priori et de l’ignorance. Car la discrimination à l’égard des travailleurs handicapés est bien réelle, comme le confirme Catherine Logeais. Selon une enquête récente réalisée en Métropole, sur 1.800 CV de personnes handicapées envoyés aux entreprises, seulement 2% ont reçu une réponse positive, soit 15 fois moins que les CV de référence. "Les personnes handicapées sont les premières victimes à l’emploi", soutient Catherine Logeais, rappelant que les employeurs ne prennent même pas la peine de leur accorder un entretien.
Jean Lawson, chargé de relation avec les entreprises dans le cadre du Programme régional d’insertion des travailleurs handicapés (État/Agefiph), met en exergue le manque d’information des entreprises s’agissant du handicap, et leurs "énormes préjugés".
Son rôle est de les persuader, de les inciter à intégrer des travailleurs handicapés. "J’essaie de leur donner une autre image du handicap que celle du fauteuil roulant, leur rappelant qu’une bonne partie des personnes handicapées ont des compétences et sont en état de travailler."
Plutôt qu’une embauche de 6 mois, "par charité", Jean Lawson met en valeur les aptitudes des porteurs de handicaps, leurs capacités à occuper un emploi, comme n’importe quel autre demandeur. Il informe également le secteur de l’entreprise des aides de l’État, de l’Agefiph et des soutiens à la formation qui existent.
Avec 250 à 270 embauches enregistrées en septembre pour cette année, Jean Lawson estime que ce travail de communication commence à porter ses fruits, et qu’entre 2000 et 2004, il a constaté une évolution positive de l’insertion des personnes handicapées dans les entreprises réunionnaises. "La grande distribution, les industries agro-alimentaires ont évolué. Certes, ce n’est pas encore la panacée, mais elles tentent d’élaborer des stratégies d’intégration."
Parallèlement, l’Agefiph œuvre à la reconversion des personnes porteuses de handicap qui, suite à un accident du travail ou de la vie, ne peuvent plus exercer leur emploi dans les mêmes conditions et souhaitent se maintenir dans l’entreprise. Cette année, elle enregistre environ 50 emplois maintenus.
Estéfany
1 établissement sur 2 n’emploie pas
Selon les données ANPE du 30 juin 2004, 2.439 personnes handicapées sont inscrites comme demandeurs d’emploi, soit 2,2% de l’ensemble des demandeurs à La Réunion. Ce chiffre est en augmentation de 6% sur 12 mois.
80% des demandeurs handicapés sont des hommes et 90% ont un niveau de formation égal ou inférieur au niveau CAP ou BEP, contre 82% en Métropole. En moyenne, 54% sont inscrits depuis 1 an ou plus à l’ANPE, contre 41% en Métropole.
Enfin, l’ANPE note que le taux d’emploi s’élève à 2,54% à La Réunion, contre 4% en Métropole, et que plus d’un établissement sur deux n’emploie pas de personnes handicapées.
Jérôme, capable comme les autres
À 28 ans, Jérôme est analyste programmeur. Dès la naissance, il ne voyait pas de l’œil gauche. Ce handicap ne lui pose aucun problème, selon lui, dans sa vie quotidienne. Il doit seulement veiller à exercer un travail qui n’affaiblisse pas son œil droit, mais se dit "capable de travailler comme n’importe quelle autre personne".
Il a terminé en juin une formation en informatique et obtenu un certificat professionnel délivré par Supinfo Paris. Un bac+2 en poche, il a mené des études poussées dans le secteur industriel, mais par manque de débouchés à La Réunion, il s’est tourné vers la fonction publique, qui ne demande aucun concours d’entrée à l’échelle régionale pour les porteurs de handicap.
Cependant, cette mesure particulière est encore méconnue au sein de la fonction publique réunionnaise, "ici, on n’est au courant de rien", commente Jérôme. Voilà plus d’un an qu’il a interpellé le Premier ministre, mais toujours rien. Il a sillonné tous les ministères de la fonction publique de l’île et c’est la police et l’armée qui se sont montrées les plus averties sur ce sujet.
L’Éducation nationale, qui se dit prête éventuellement à le recruter comme secrétaire, n’a pourtant pas souhaité le recevoir. "Quand j’annonce mon handicap, généralement on ne me reçoit pas et quand c’est le cas, on est surpris de constater que pour un travailleur handicapé, rien n’y paraît. Certains employeurs préfèrent un handicap plus visible... question de communication."
Aujourd’hui, l’objectif de Jérôme, fort de son bagage professionnel, est d’intégrer la fonction publique. "Mon combat n’est pas de devenir fonctionnaire, mais de faire appliquer cette loi. La discrimination à l’égard des handicapés existe bien."
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Messages
24 février 2007, 14:52, par dominique TEREAU
Moi, je suis pour l’insertion des handicapés dans l’Armée ; il y a des emplois dans la logistique et des emplois dans l’administration militaire. Mais l’Armée ne veut pas évoluer. Abattons ces barrieres et enfin nous pourrons dire qu’il y a une vraie insertion .
LA SEULE PERSONNE A POUVOIR DIRE "OUI" A CE PROJET EST LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Pour tous les volontaires, contactez moi.
1er novembre 2007, 20:22, par Pascal
Bonjour,
Je viens juste de decouvrir votre message,je suis reconnu travilleur handicapé,suite a un accident de travail et une operation d’une hernie discale.
Pourrais-je en savoir plus sur ce module qu’offre l’armée,svp
Cordialement
Mr DEROSIER
7 avril 2010, 23:24
mon projet n’a pas abouti trop tabou
21 septembre 2009, 15:58, par isabellebeauprez
je suis handicapée et je cherche après ma formation de reclassement AAE chez auxilia, une autre formation dans l’armée, car agent administratif n’est pas très exitant. J’adore travailler sur logiciel mais j’ignore ce que l’armée propoes pour un cas comme le mien. Merci de me répondre.