C’est vers 22 heures, vendredi dernier, que la Direction de la Holcim et les syndicats (CFDT, CGC, CGTR) ont signé un accord mettant fin aux négociations salariales annuelles commencées dans l’entreprise vers la mi-mai. De l’avis des syndicats, elles progressaient peu sur certaines revendications.
Les discussions avaient abouti sur plusieurs questions importantes, telles la révision des classifications - pour laquelle une commission va se mettre en place pour poursuivre le travail sur les 6 prochains mois - ou encore les plans de carrière. Mais cela “coinçait” pas mal sur les augmentations de salaires. Certes, la barre avait été mise très haut, par la CGTR notamment, qui réclamait une augmentation à 2 chiffres pour tout le monde.
Avec les discussions, les revendications ont été réajustées et, comme le soulignent les syndicalistes ouvriers, ces discussions ont permis d’unir toutes les catégories, jusqu’aux cadres. Lorsque l’idée d’un mouvement de grève est venue, à l’appui de la demande d’augmenter les salaires, tout le monde a suivi.
Déclenchée jeudi 22 juin, la grève a accéléré le processus, et la signature est intervenue le lendemain, non sans mal, avec l’arbitrage de l’Inspection du travail.
Les salariés de la Holcim du Port ont obtenu une revalorisation moyenne globale de 2,25% au-dessus de la grille du BTP, soit une augmentation de 8,5% pour les manœuvres, 4,5% pour les ouvriers qualifiés et 0,25% pour les cadres. Ils ont obtenu aussi que l’employeur prenne la part la plus importante dans le paiement de la mutuelle. Une prime variable de productivité (de 1% à 1,5% du salaire brut) fait aussi partie de l’accord.
Au final, même s’il a été difficile à boucler, l’accord salarial d’entreprise semble avoir pris en compte le besoin de “remotivation” ressenti par les salariés de la Holcim. "Pour une entreprise qui a pris 75% du marché, certains salaires sont vraiment trop à la traîne", nous a déclaré Jimmy Bourgogne (CGTR), pour expliquer qu’il reste du travail - ce sera le rôle de la commission mise en place - pour mettre chacun à son niveau de qualification, selon ses compétences.
P. David
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