Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Christian Jacob, président du groupe UMP et ancien ministre de la Fonction publique
8 janvier 2011

Christian Jacob était ministre de la Fonction publique entre 2005 et 2007. Lors d’une interview parue dans ’Acteurs publics’, le responsable UMP affirme que la question du statut des fonctionnaires était taboue « jusqu’à aujourd’hui ». « Il ne faut pas interdire d’en débattre », affirme-t-il, précisant que l’on pourrait envisager des CDD de 5 ou 10 ans « qui permettraient à des gens de passer du secteur privé au secteur public et vice versa ». Avec la suppression annoncée de 100.000 postes de fonctionnaires au cours des prochaines années, voici une information qui appelle à la vigilance : après la casse des emplois, la casse du statut de la fonction publique est-elle en marche ? Voici un extrait de cette interview :
La réforme de l’État conduite depuis 2007 a évité toute réforme en profondeur de la fonction publique…
- Je pense que cette réforme est à venir, mais il fallait d’abord passer par les étapes qui ont été conduites jusqu’à présent. Lorsque j’étais ministre de la Fonction publique [entre 2005 et 2007 - NDLR], j’avais instauré les primes pour les fonctionnaires de catégorie A+. On sait que la difficulté, avec le système des primes, c’est l’évaluation. Pour les A+, c’est assez facile, car il s’agit de fonctions de Direction. C’est plus compliqué pour l’exécution. Je pense donc que la bonne solution est une évaluation par service. Je concède que c’est difficile à admettre pour les syndicats.
La question du statut est-elle taboue ?
- Jusqu’à aujourd’hui, oui. Lorsque j’étais ministre, j’en avais parlé de manière informelle avec les syndicats. L’accueil avait été frais, mais il ne faut pas s’interdire d’en débattre. Comme il ne faut pas s’interdire, non plus, de réfléchir à la pertinence de l’embauche à vie des fonctionnaires. Ne pourrait-on pas envisager, à l’avenir, des contrats d’objectifs sur cinq ou dix ans qui permettraient à des gens de passer du secteur privé au secteur public et vice versa ? Je sais que c’est compliqué pour les ministères régaliens, mais c’est peut-être possible, par exemple, dans l’équipement ou la recherche. On doit pouvoir poser ce débat sans crainte.
La fonction publique de métier n’est-elle pas un vœu pieux ? Il avait été question d’un projet de loi qui semble aujourd’hui enterré…
- La fonction publique par métiers passe par la réduction du nombre de corps, que j’avais accélérée. Il faut continuer, parce que cela crée de la mobilité.
Êtes-vous favorable à un assouplissement des règles de déontologie pour les fonctionnaires qui souhaitent rejoindre le privé ?
- Je pense qu’il faut être plus souple pour favoriser la mobilité, avec toutes les précautions, évidemment, s’agissant notamment de l’administration fiscale.
Courrier des lecteurs
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