Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Grenelle de l’Insertion à La Réunion avec Martin Hirsch
12 février 2008, par

Le président du Comité de Lutte contre l’Exclusion a participé à l’ouverture du Grenelle de l’Insertion et aux ateliers. Il prend note de la volonté exprimée par Martin Hirsch de rompre avec 25 ans de dispositif d’insertion, en associant tous les acteurs. Mais il émet des réserves sur le CUI (Contrat Unique d’Insertion) « en l’état actuel ».
« Si vraiment on veut rompre avec 25 ans de dispositif d’insertion, la première chose est de mettre fin au temps partiel subi », affirme Jean-Pierre Técher. Pour le président du CLE, le CUI doit mettre l’accent sur le temps plein, le temps partiel ne peut être qu’un temps choisi. Mais le CUI autorise à l’employeur d’embaucher pour 20 à 35 heures hebdomadaires. « De plus, si l’Etat participe financièrement jusqu’à 26 heures, les entreprises vont préférer le temps partiel ».
Même si les entreprises ont affirmé leur détermination à jouer le jeu, le CLE se demande s’il ne s’agit pas d’un « discours de circonstance ». « Depuis longtemps, le patronat veut la disparition du SMIC et du CDI. Si, à nouveau, on propose un contrat unique et partiel, où est l’innovation ? s’interroge-t-il. 200 heures de formation, ce n’est pas non plus suffisant. Ce n’est pas ce qui va apporter un diplôme aux personnes ».
Le seuil de pauvreté national est fixé à 800 euros de revenus par mois pour une personne. Sur cette base, Jean-Pierre Técher conclut que le CUI pourra proposer moins que le seuil la pauvreté. « Pour 26 heures hebdomadaires, la personne va toucher 746 euros de salaire mensuel, et 500 euros pour un mi-temps ». Il se souvient ainsi que le Président de la République avait déclaré, lors de sa campagne, qu’une « personne qui est pauvre et qui n’a pas de travail, c’est inacceptable, mais qu’une personne qui travaille et qui est pauvre, c’est un drame ». Le CUI ne semble pas permettre de sortir de cette impasse. « La présidente du Conseil général a parlé de nouveau contrat social. Je crains que ce ne soit pas la panacée au problème du chômage et de l’insertion, même si je voudrais avoir tort », déclare-t-il.
L’objectif affiché de 30% de pérennisation avec le CUI est loin d’être satisfaisant pour le CLE. « Si vraiment on veut atteindre l’insertion durable et pérenne, c’est 80% qu’on devrait viser », commente Jean-Pierre Técher.
EP
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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