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13 juin, parLe monde a changé
6 juin 2006

Le lundi de Pentecôte reste placé pour la deuxième année consécutive sous le signe de la confusion. Le Premier ministre reconnaissant que cette journée de solidarité est ’améliorable’, alors que syndicats et professionnels réclament une remise à plat du financement de la dépendance.
Même le MEDEF y va de sa critique : "Incohérence économique". Système "cafouilleux", "injuste" et "hypocrite", selon Jean-Claude Mailly (FO), "situation ubuesque", d’après la CFDT... sur le terrain règne en effet la confusion.
Après le tollé qu’avait provoqué sa mise en place l’an dernier, la journée de solidarité en faveur des personnes dépendantes - qui vise à dégager 2 milliards d’euros par an - a été assouplie en juillet 2005. Les partenaires sociaux ont désormais la possibilité de choisir la date de cette journée travaillée et non rémunérée, et c’est seulement faute d’accord que la journée travaillée reste fixée au lundi de Pentecôte.
Du coup, environ 60% des Français et près d’un salarié sur deux dans le secteur privé n’ont pas travaillé ce lundi, que leur entreprise ou leur administration soit fermée ou qu’ils aient pris un jour de congé ou de RTT.
Lundi était chômé à La Poste et certains médecins ont fermé leurs cabinets.
Un travail sans rémunération, c’est quoi au juste ?
En métropole et pour certains à La Réunion, les syndicats UNSA, FO, SUD, et la CFTC avait déposé un préavis de grève pour ce lundi de Pentecôte. Dans tous les secteurs, la CFTC avait en effet appelé les salariés à cesser le travail, estimant qu’"un travail sans rémunération correspond à du travail “obligatoire” ou “forcé”".
Les syndicats sont opposés au principe même de cette "journée de solidarité" financée uniquement par les salariés, mais pas par les professions libérales et indépendantes, ni par les revenus du capital ou du patrimoine. Ils réclament une remise à plat du financement de la dépendance, commençant par l’élaboration d’"un vrai diagnostic et de préconisations", selon le président de la CFTC, Jacques Voisin.
L’ouverture de ce débat est également réclamée par les professionnels du secteur, qui souhaitent qu’une "grande conférence nationale" soit organisée sur le sujet dès 2006.
Pour Pascal Champvert, président de l’ADHEPA (organisation représentative des directeurs de Maisons de retraite) et principal intéressé par cette journée, celle-ci est "largement insuffisante". Il a fait son calcul : "Sur une journée travaillée en plus, seule une demi-heure est consacrée à financer l’augmentation du personnel dans les établissements et les services à domicile". Il en faudrait beaucoup plus pour compenser le retard accumulé depuis 30 ans. À l’État de revoir sa copie.
(sources AFP)
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