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Conférence-débat de l’Appel de l’Ermitage pour ’l’abolition de l’extrême pauvreté à La Réunion’
22 juillet 2013

Samedi matin au Port s’est déroulée la première d’une série de conférences-débats organisées dans toute l’île au cours des prochaines semaines par le Comité de l’Appel de l’Ermitage. Ces rencontres se situent dans la continuité du combat lancé le 18 décembre 2012 par des personnes victimes de l’extrême pauvreté qui se sont réunies à l’Ermitage et ont décidé de lancer un appel pour ’abolir l’extrême pauvreté, comme on a aboli l’esclavage’.
Plusieurs dizaines de personnes ont répondu à l’invitation du Comité de l’Appel de l’Ermitage, ainsi que des associations également solidaires, comme le Comité des Chômeurs et des Mal-logés du Port, présidé par Maryse Dache, qui a accueilli les participants à cette rencontre, aux côtés de Simone Yee-Chong-Tchi-Kang, de l’association Femmes Solidaires pour l’Emploi. Ensuite, la présidente du Comité, Frédérique Técher, a pris la parole pour rappeler le sens et les premières étapes de ce combat contre la misère de nombreuses personnes à La Réunion.
« Lors de notre 2ème rencontre, le 27 février, la décision a été prise d’interpeler le Président de la République sur les conditions historiques et politiques qui ont conduit à cet état de grande pauvreté à La Réunion. Pour cela il a été décidé de remettre un courrier à la Préfecture, le mardi 19 mars 2013 à 10 heures, pour demander au président de la République d’appliquer à La Réunion l’engagement signé avec l’Organisation des Nations Unies d’"éradiquer l’extrême pauvreté dans le monde" d’ici 2015 », a-t-elle déclaré.
« C’est cela la démocratie »
Ensuite, Frédérique Técher a rappelé qu’ « à l’issue de cette remise de courrier, des personnes ont pu témoigner de leur extrême pauvreté et nous avons fait connaître les revendications d’urgence que nous souhaitons voir appliquer par l’État dans notre pays, afin que cet engagement de la France soit respecté » (voir ces revendications en encadré) . Ce sont des conditions minimales afin que les Réunionnais les plus pauvres, qui représentent la moitié de la population, puissent avoir les moyens de vivre normalement.
En plus de ces mesures à mettre en œuvre au plus vite, la présidente du Comité de l’Appel de l’Ermitage a mis l’accent sur une question fondamentale pour en finir avec la pauvreté à La Réunion : « Kisa lé o pouvoir dan nout péi ? Les plus riches ! ». Elle a donc déclaré avec force : « C’est aux Réunionnais pauvres — et non plus aux plus riches — de décider de leur avenir, donc d’avoir le droit et le pouvoir de prendre eux-mêmes toutes les décisions qui les concernent ; c’est cela la démocratie, sans laquelle il n’y a pas de développement durable ».
Un Conseil municipal des pauvres
Les positions exprimées par Frédérique Técher ont été fortement soutenues par toutes les personnes présentes à ce rassemblement et qui ont apporté leurs contributions au débat. Ces interventions ont notamment mis l’accent sur la responsabilité des élu(e)s pour faire appliquer ces mesures et elles ont souvent posé la question : « kosa bann la i fé po sa ? ».
D’où le soutien apporté également par le public à cette autre initiative importante annoncée par le Comité de l’Appel de l’Ermitage : le 4 août prochain à Saint-Paul se réunira un Conseil municipal des pauvres. Ainsi que l’annonce que des groupes liés au Comité se sont déjà constitués dans de nombreuses communes de l’île, de Saint-André au Tampon en passant par Saint-Denis, Saint-Louis, etc., qui ont d’ailleurs participé à cette rencontre au Port.
« Renforcer la solidarité des associations »
Parmi les autres contributions au débat, nous pouvons citer également celles-ci :
• « Nous devons mettre la pression sur l’État pour en finir avec les injustices dont sont victimes de nombreux Réunionnais. Alon prann larzan ousa i lé ! ».
• « Pour atteindre ces objectifs, il faut renforcer la solidarité des associations qui mènent le combat contre la pauvreté. Sé lo moman nout tout nou mèt la min ansanm, i fo nout tout lé solidèr dan la batay parske san lutte nou nora ryin. On ne pourra rien gagner sans combat ».
• « On nous parle souvent de la crise. Mais la crise c’est pour qui ? Pas pour les plus riches. Il y a des richesses à partager et c’est aux pauvres avant tout de décider ce qu’il faut faire ».
Voilà quelques pistes de réflexions très intéressantes qui ont été émises lors de cette conférence-débat. Le combat solidaire du peuple réunionnais pour abolir la pauvreté dans son pays face à un système qui s’accapare tout continue donc plus que jamais !
Correspondant
| Les principales revendications du Comité Voici les revendications qui ont été adoptées le 18 décembre dernier lors du lancement de l’Appel de l’Ermitage, intitulé : « Après l’abolition de l’esclavage, abolissons l’extrême pauvreté à La Réunion avant 2015 » : • procurer un "reste à vivre" supérieur à 10 euros par jour à chaque Réunionnais, soit 300 euros mensuels, nets de charges ; • effacer la dette des plus pauvres ; • supprimer la loi qui oblige les enfants à rembourser l’allocation vieillesse des parents ; • assurer à chacun une activité de proximité qui leur permettra d’avoir une retraite décente ; • sortir de la pauvreté par le développement des AGR (activités génératrices de revenus). |
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