Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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La CGTR et le plan de cohésion sociale
29 septembre 2004

La CGTR s’exprimait hier sur le plan Borloo, ’un projet tout simplement inadapté aux besoins des Réunionnais’, notamment en matière de politique de l’emploi, déclare Ivan Hoareau, secrétaire général de la CGTR.
Un îlot de générosité dans une stratégie de recul social sans précédent. Voilà comment apparaît le projet de loi de cohésion sociale du ministre Jean-Louis Borloo aux yeux d’Ivan Hoareau.
Selon le représentant de la Confédération générale du travail de La Réunion (CGTR), le projet de loi est examiné dans l’urgence, pour masquer "le contexte général de casse sociale orchestré par le gouvernement et le MEDEF".
Pour le syndicat, le plan proposé par le ministre Borloo est fait alors que gouvernement oublie encore de mettre la main à la poche, se déchargeant insolemment sur le secteur marchand pour pallier les lacunes gouvernementales.
Force est de constater que rien n’est applicable à La Réunion, puisque ce projet de cohésion sociale est élaboré pour la France métropolitaine. Il existe ainsi un problème d’adaptation à la situation spécifique réunionnaise. La CGTR tenait à le souligner.
Toutefois, l’objectif de la rencontre avec la presse, hier, était bien évidemment l’emploi, un sujet toujours aussi préoccupant, mais qui ne semble pas inquiéter les décideurs parisiens. On assiste en effet à une lâche culpabilisation des demandeurs d’emploi.
Les propos tenus par Dominique Vian, récemment nommé préfet de La Réunion, sont éloquents. Il expliquait, avec un manque de tact avéré, qu’il persiste une culture d’assistanat sur notre île, ce que n’ont pas manqué de critiquer syndicats et associations de chômeurs.
La France compte plus de 4 millions de personnes indemnisées ou allocataires. Le plan Borloo ambitionne à échéance 2009 de changer la donne. En faveur des demandeurs d’emploi ? La CGTR doute de la pertinence de la politique menée par Jean-Louis Borloo.
À terme, on forcera les gens "à prendre le boulot qu’il y a, faute de mieux, sans autre solution que d’accepter l’emploi donné", s’insurge Ivan Hoareau, ce qui est par ailleurs attesté par le Conseil économique et social national.
La création d’emplois toujours précaires, à savoir le Contrat d’avenir (qui remplacera le CIA), le Contrat d’accompagnement à l’emploi (fusion du CES et du CEC) et le médiatique Contrat d’insertion par le RMA, ne proposent que des revenus d’assistance.
La CGTR attire toutefois l’attention sur "l’absence de contrôle public de la vision stratégique de l’État en matière d’emploi". Ivan Hoareau revient sur la notion de service public d’État, mise à mal par la politique raffarienne. L’ANPE a montré toute son insuffisance. D’ailleurs, poursuit-il, "le privé est d’ores et déjà dans le service public de l’emploi", avec les agences d’intérim notamment, qui se partagent déjà le juteux marché des contrats de travail temporaire.
Le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale souhaite quant à lui créer "300 maisons de l’emploi, lieux de l’anticipation des besoins, privés, publics, parapublics, de l’adaptation de la formation, de la relation entre le demandeur d’emploi et l’entreprise", selon les propres termes du projet de loi.
120 millions d’euros seront consacrés à la création de ce réseau de maisons de l’emploi, tandis que la subvention à l’ANPE est augmentée de 32 millions d’euros. La CGTR demande quelle est la pertinence de la création d’un tel réseau, qui s’ajoutera à des instruments existants (mission locale, ADI, etc.), et qui brillent par leur efficacité mitigée.
La Confédération promet de rester vigilante. Le plan Borloo promet de faire revivre l’activité, mais "l’activité n’est pas l’emploi", indique Ivan Hoareau. Jean-Louis Borloo propose également de rouvrir la négociation sur les 35 heures. La CGTR reviendra ultérieurement sur ce point particulier du plan de cohésion sociale.
Bbj
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