L’augmentation des prix et marges arrière à La Réunion aussi !

6 septembre 2007

La loi Galland dite sur « la loyauté et l’équilibre des relations commerciales », qui a été votée il y a maintenant plus de 11 ans, interdit aux enseignes de la grande distribution de prendre en compte les marges arrière et les réductions octroyées par les fournisseurs dans la fixation des prix. En 2005, la loi Dutreil a assoupli cette loi, permettant ainsi aux distributeurs d’intégrer la marge arrière, supérieure à 15%, au prix de revient. Les marges arrière, rappelons-le, sont les sommes payées par les grandes marques étant exigées par la grande distribution, en échange de prestations réelles ou supposées (affichage de campagne, mise en valeur du produit en tête de gondole...). Cette réforme de la loi Galland a permis une baisse de plus de 3% sur les produits de base des grandes marques : baisse des prix largement reprise dans les campagnes publicitaires métropolitaines du moment. M. Luc Chatel, le Secrétaire d’Etat chargé de la Consommation, qui vient de recevoir l’ORGECO à Paris, a évoqué l’augmentation constante des prix, et plus particulièrement celles annoncées pour la rentrée du prix du lait et du prix du pain. Il nous a rappelé que ces dernières années, le prix du lait avait diminué et que cela n’avait entraîné aucune baisse sur les prix des produits laitiers. Il s’est indigné du fait que l’on veuille répercuter l’augmentation actuelle du prix du lait dans son intégralité, alors que l’inverse ne se pratique pas. Nous sommes convaincus que M. Luc Chatel souhaite redonner de la concurrence au bénéfice du consommateur. D’après une étude de Nielsen Panel International, à l’heure actuelle, les prix des produits alimentaires des marques de distributeurs ne cessent d’augmenter, alors que ceux des grandes marques continuent à baisser. Le pouvoir d’achat au cœur des préoccupations des ménages français et, conséquemment, des foyers réunionnais semble être l’un des thèmes forts du nouveau gouvernement. Ce n’est sans doute pas un hasard si, à l’heure de la rentrée, M. Xavier Darcos, le Ministre de l’Éducation nationale, a d’ailleurs annoncé que les grandes enseignes de la distribution se sont engagées à offrir 30 produits de première nécessité au même prix que l’an passé. De la téléphonie au prix du pain en passant par le prix du cartable et du lait, toutes les hausses de prix sont dénoncées par les différents membres du nouveau gouvernement. Pour une fois, consommateurs et gouvernants sont bien d’accord : il faut que les Réunionnais retrouvent du pouvoir d’achat ! Tout un programme pour les acteurs de la grande distribution locale, bien sûr, mais surtout pour les conso’acteurs que nous sommes. Dans l’histoire du monde, toutes les grandes évolutions et révolutions ont été menées par des femmes et des hommes déterminés à changer leurs conditions de vie. Nous sommes au 21ème siècle, et aucune tête ne doit tomber dans le panier de la ménagère réunionnaise. Pour autant, il est grand temps maintenant que les producteurs, les distributeurs et les consommateurs travaillent à la seule solution d’avenir qui vaille : plus de pouvoir d’achat pour les consommateurs, plus de retour sur investissement pour nos producteurs locaux, d’avantage de prix attractifs pratiqués par la grande distribution, dans le respect de la viabilité économique de leurs entités respectives. Ensemble, nous pouvons possiblement mener la grande révolution du pouvoir d’achat à La Réunion !

Le Président de l’ORGECO,
Noor-Olivier Bassand

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