Luttes sociales

L’intersyndicale de l’ONF craint des suppressions d’emplois et une privatisation

Quel service public pour entretenir et valoriser nos forêts ?

Témoignages.re / 2 avril 2021

L’Intersyndicale de l’ONF alerte sur les mesures prévues dans le Contrat 2021-2025 entre cette administration et l’État actuellement en cours d’approbation. Voici les arguments des syndicats au travers d’un communiqué diffusé hier.

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Le Projet de Contrat 2021-2025 entre l’ETAT et l’ONF est dans sa phase finale d’approbation, l’outre-mer, et l’Océan Indien particulièrement, sont encore les parents pauvres de ce projet qui structure et oriente la Politique Forestière de l’ONF pour les 5 prochaines années.

Ce Contrat commence par une introduction très bien écrite et politiquement correcte, où les orientations stratégiques de l’ONF sont ré-affirmées : la gestion durable des forêts face au changement climatique, et où il est rappelé que les objectifs sociétaux et territoriaux doivent être pris en compte dans la gestion de l’ONF. Dans ce contrat, l’Etat va même jusqu’à garantir le financement total des activités liées à des nouvelles dispositions législatives ou règlementaires.

Mais le Diable se cache dans les détails ou comme dit Créole, « la langue n’a point d’z’os » :
Une lecture attentive permet de mieux comprendre qu’en réalité les forêts de l’Océan Indien ne pèsent rien dans la stratégie nationale :
- Annoncé dans le Contrat : Utilisation de service recherche et développement au service du changement climatique.
Ce service national n’intervient jamais dans l’océan Indien

- Annoncé dans le Contrat : L’ONF force de proposition pour mobiliser les financements issus des démarches de compensation Carbone.
Cela va nécessiter des formations importantes et un appui national qu’il est très compliqué de mettre en œuvre à La Réunion et à Mayotte.

- Annoncé dans le Contrat : Rôle attendu de l’ONF dans le cadre de la Stratégie Nationale des aires protégées
Compte tenu de la charge de travail concernant la biodiversité et sans création de postes, les actions concernant les aires protégées sont réalisés par des Volontaire du service National (précaires), dont les compétences disparaissent aussitôt qu’ils repartent.

- Annoncé dans le Contrat : Maintien d’une mission d’intérêt générale sur les risques et les ressources génétiques forestières, avec un engagement à maintenir les compétences actuelles ;
A part la mission Risques, aucun financement de l’Océan indien sur les ressources génétiques.

- Annoncé dans le Contrat : Maintien de la Mission d’intérêt générale liée à la Santé des forêts
N’existe pas dans l’Océan Indien, alors que le besoin est important.

- Annoncé dans le Contrat : Création d’une Mission d’intérêt générales dite ‘RENECOFOR’, réseau historique de suivi de l’écosystème forestier
N’existe pas dans l’Océan Indien, alors que le besoin est important.

- Annoncé dans le Contrat : Renforcement de la Mission d’intérêt Général Biodiversité (financés à cout complet par le Ministère de l’Ecologie), qui permet d’aller au-delà de la gestion forestière courante et affine la protection de la biodiversité forestière.
o Réseau de Réserve biologique (réalisé en grande partie par du personnel précaire : VSC)
o Réseau naturaliste de l’ONF (dont interlocuteurs Réserves) N’existe pas dans l’Océan Indien, alors que le besoin est très important.
o Mise à niveau des plans de gestion des réserves biologiques (réalisée en grande partie par du personnel précaire : VSC)
Tout cela sans création de postes

- Annoncé dans le Contrat : L’Education à l’Environnement, l’accueil du public, et la concertation pour la gestion intégrée des forêts seront aussi encouragés,
Peu encouragé dans l’Océan Indien, suppression continue de postes depuis 20 ans

- Annoncé dans le Contrat : Maintenir, voire renforcer les compétences techniques de la gestion durable et multifonctionnelle, dont les services écologiques et climatiques, notamment en outremer.
En conclusion il apparait qu’en absence de nombreuses missions techniques, abandonnées dans l’Océan Indien, et de suppression de postes cette objectif n’a aucune chance d’être atteint.

- Annoncé dans le Contrat : « Dialogue social soutenu et apaisé », c’est une véritable provocation
La Direction nationale impose seule la privatisation et une gestion financière de l’ONF, très libérale, en opposition avec la majorité des Organisations syndicales et aux associations de protection de l’Environnement : comment parler de Dialogue social soutenu et apaisé ?? ?? A La Réunion, La mise en place en mars d’un chantier collaboratif sur « la réorganisation de l’ONF à 5 ans » avec la tentative d’élection par la Direction d’un Comité stratégique hors de tout cadre institutionnel et à l’insu des organisations représentatives en est un exemple.

Mais derrière un plan de communication, bien écrit et bien préparé, se cache une réalité moins belle : La Volonté de l’Etat de se désengager totalement de la gestion des Forêts de La Réunion et de Mayotte : baisse des effectifs, abandon de certaines missions non centrales pour l’ONF : Accueil du public, lutte contre les pestes, développement économique des hauts…

La Conclusion réelle de ce futur contrat est bien plus triste et dramatique que ce qui est annoncé, c’est une coupe en règle de l’Etablissement ONF de La Réunion, car alors que rien n’apparait dans le Contrat, la direction a déjà annoncé la diminution de l’effectif, en continuité avec les années précédentes, cela n’est même pas négociable. Malgré un ancrage local reconnu et le soutien des Collectivités de La Réunion, le personnel Forestier de La Réunion déplore le lâchage de la Gestion Forestière à La Réunion : aucun objectif technique, aucun projet fédérateur n’est proposé.