La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Remise en cause du Droit du travail
2 mars 2013, par

À La Réunion, l’Intersyndicale CGTR-FO-FSU apportera sa contribution au succès de la grande journée d’action contre la transposition de l’accord national interprofessionnel signé le 11 janvier par le patronat, la CFDT, la CFTC, et la CGC. Cet ANI facilite considérablement les licenciements, aura-t-il force de loi ?
Le 11 janvier dernier, le patronat, la CFDT, la CFTC et la CGC ont signé un accord. Il prévoit la remise en cause de pans du Droit du travail. Il permet ainsi à un patron de licencier bien plus facilement un travailleur qui refuse une mobilité, ou alors de licencier sous un motif économique un travailleur qui refuse une baisse de salaire dans le cadre d’un plan "compétitivité emploi".
Le soir de la signature de l’accord, le MEDEF n’a pas manqué de se féliciter, estimant que désormais, la France se trouvait à « l’avant garde » .
Quant aux syndicats qui ont refusé de signer, et qui numériquement représentent la majorité des salariés, ils ont décidé de se mobiliser pour que l’accord signé ne soit pas retranscrit dans la loi.
Le MEDEF en accord avec le projet
Mais leurs craintes se sont vérifiées. Le projet de loi a rassuré le MEDEF.
Trois jours après la signature de l’accord, le PCR avait tiré la sonnette d’alarme. « Dans un pays comme La Réunion, où près de 30% des travailleurs sont au chômage, il est aisé d’imaginer des conséquences amplifiées. Avec un dialogue social inexistant, que restera-t-il comme protection pour ceux qui auront réussi à garder leur travail ? » , indiquait un communiqué du Parti qui « invite les Réunionnais à solliciter leurs parlementaires pour que ces derniers prennent position sur cette question » . Et de conclure : « quel Réunionnais peut soutenir la baisse du salaire de ses compatriotes et cautionner un tel mépris des travailleurs ? » .
Pour sa part, la CGTR, dans une déclaration datée du 16 janvier, appelait elle aussi à la mobilisation. Elle soulignait que « l es salariés doivent savoir qu’avec ce texte, le patron pourra baisser leur salaire, leur temps de travail sans aucune compensation, sans recours possible au tribunal (les plans de Sauvegarde de l’Emploi — PSE — seront contournés et rendus pratiquement inapplicables, la motivation du licenciement individuel ne sera plus un élément pris en compte dans bien des cas) » .
Les députés vont-ils écouter les travailleurs ?
« La CGTR appelle nos parlementaires à rejeter ce texte qui préfigure une violence inouïe pour les travailleurs » , déclarait notamment le syndicat, qui demandait au gouvernement de ne pas « franchir la ligne jaune » .
En solidarité avec la journée de mobilisation décidée pour le 5 mars, les syndicats ont décidé de se mobiliser à la même date à La Réunion. Hier, l’Intersyndicale CGTR-FO-FSU présentait son plan d’action.
Outre les actions dans les entreprises, l’Intersyndicale organisera mardi une manifestation, avec dépôt d’une motion auprès du représentant de l’État.
Les travailleurs ont rendez-vous mardi à 9 heures au Jardin de l’État pour un défilé qui conduira les travailleurs à la Préfecture.
M.M.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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