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Cérémonie officielle
23 septembre 2004

La titularisation de 57 employés communaux, hier à Saint-Denis, ne doit pas masquer des pratiques jugées douteuses par certains syndicalistes.
La cérémonie se voulait très officielle. Dans le grand salon de l’ancien hôtel de ville de Saint-Denis, le député maire René-Paul Victoria conviait hier la presse à venir assister à la titularisation de 57 employés communaux. La mairie compte au total 3.500 employés communaux et entre 800 et 1.000 contrats aidés.
Depuis février 2004, l’intersyndicale CFDT-Interco/ UNSA/ CGTR, les services de l’État et l’Association des maires planchent à l’élaboration d’un plan de titularisation pour les 11.400 employés communaux de l’île. "Nous sommes toujours dessus, travaillons sur une photographie globale, sur le coût de la titularisation et le rachat des cotisations", confiait hier Jean-Pierre Rivière, secrétaire de la CFDT-Interco.
Il parle d’un travail difficile, d’un dossier "complexe" et "épineux". "Nous sommes dans l’attente d’une nouvelle proposition de l’Association des maires, qui me confiait ce matin qu’elle était en cours de frappe, mais on ne sait pas encore ce qu’elle contient".
Également conviée à assister à la cérémonie officielle organisée par la mairie de Saint-Denis, la CFDT-Interco n’a pas souhaité y participer. "Ce genre de cérémonie n’existe pas dans le code de la Fonction publique, cela ne s’est jamais fait", s’étonne sans se surprendre Jean-Pierre Rivière qui qualifie ce rassemblement de "grande messe."
Ce qui retient en priorité l’attention de la CFDT-Interco dans ce dossier : les critères retenus pour la titularisation des employés communaux. Des critères qui sont laissés à la liberté des mairies, en toute opacité.
"Nous regrettons dans ces titularisations, comme à la mairie de Saint-Denis, de ne pas être informés des critères retenus. S’agit-il de l’ancienneté, de la responsabilité, d’un proche...? Cela reste flou, et quand on demande au maire, il reste évasif et précise que ce choix dépend de sa responsabilité", déplore le représentant de la CFDT-Interco.
Alors que d’autres communes procèdent également à des titularisations, mais de façon plus discrète, Jean-Pierre Rivière maintient que c’est "toujours dans la même opacité". Difficile ainsi d’identifier l’agent.
"On apprend incidemment que telle ou telle commune à procédé à des titularisations, mais rien n’est officiel, on n’a pas de nom, de responsabilité exercée, on ne nous informe pas". Le dialogue social a donc encore du chemin à faire dans les communes.
Interrogés séparément, Patrick Jayme, secrétaire départemental de l’UNSA, et Freddy Semerles, représentant de la CGTR, rejoignent l’analyse de Jean-Pierre Rivière. Même si Patrick Jayme souligne qu’à Saint-Denis, "le maire a voulu politiquement marquer le coup", il estime qu’on ne peut critiquer une démarche de titularisation, "chaque fois qu’il y a des choses à prendre, on les prend".
Freddy Semerles estime lui aussi que l’"on ne peut pas être contre, mais nous aurions souhaité que l’ensemble des communes fasse la démarche en même temps, sur la même base de critères (...). À coups de 50 agents par an, certains seront déjà à la retraite au moment de leur titularisation". Et si Patrick Jayme souligne également que 50, sur le nombre total d’employés communaux en attente de titularisation, c’est bien, mais trop peu, il va plus loin : "on aurait souhaité que l’ensemble des employés communaux soit titularisé. Il y a des personnes qui travaillent depuis plus de 30 ans et qui aujourd’hui n’y croient plus, des cantinières qui vivent dans la précarité et dont l’ancienneté n’est pas prise en compte".
"C’est un problème qui a plus de 30 ans et ce qui nous importe, c’est de passer à la vitesse supérieure, avec les partenaires sociaux".
Enfin, ce qui courrouce le représentant de l’UNSA, c’est qu’avec 80% d’agents de la Fonction publique territoriale, les communes continuent à recruter du personnel d’encadrement, alors que les agents en place n’ont bénéficié d’aucune formation pendant des années. Place donc à un dialogue social renforcé et une cohérence et unicité dans l’action.
Estéfany
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