Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Éducation
14 février 2009

Le 29 janvier, des milliers de personnes ont défilé dans les rues à La Réunion et plus de 2,5 millions de personnes sur tout le territoire français. Parmi ces personnes, de nombreux jeunes sont venus exprimer leurs désaccords avec la politique menée par le gouvernement et surtout le malaise qui règne au sein de la jeunesse.
Depuis le début de la semaine, la colère gronde à l’Université de La Réunion : les enseignants-chercheurs se mobilisent contre la casse de leur statut et des centaines d’étudiants se réunissent en Assemblée générale pour lutter contre la mise en concurrence et la privatisation de l’Université, et exiger une protection sociale face à la précarité et au chômage déjà trop élevé dans notre département.
Mobiliser contre la casse de leur statut
La mobilisation a débuté lundi avec une première Assemblée générale d’information qui a réuni une centaine d’étudiants et enseignants et a appelé à une mobilisation générale pour mardi. Mardi matin a été marqué par une Assemblée générale dès 9 heures avec plus de 600 personnes, qui ont voté la grève générale. De là, les acteurs de l’Université ont pris la direction en cortège du Conseil régional et du Rectorat pour exprimer leurs revendications et les menaces qui pèsent sur l’Université de La Réunion.
C’est tout naturellement que le Conseil régional, partenaire privilégié de l’Université de La Réunion, a ouvert ses portes au millier de manifestants qui ont pris possession de l’hémicycle pour un échange avec le vice-président de la Région en charge de l’Enseignement supérieur.
Soutien du Conseil régional
Le Conseil régional a apporté son plein soutien à la mobilisation universitaire et se dit conscient des enjeux de l’Université pour toute La Réunion et surtout des spécificités qui doivent être prises en considération pour faire de « l’Univesité de La Réunion le fer de lance pour toute La Réunion ».
L’accueil a été par la suite beaucoup moins convivial au Rectorat où une délégation a été reçue par le nouveau recteur, chancelier des Universités. Pour la délégation, le représentant de l’Etat s’est dit, lui, confiant des mesures engagées par le gouvernement en faveur de l’éducation et de la priorité que celui-ci donne à la réussite des jeunes. C’est donc déçue que la délégation est ressortie du Rectorat avec la ferme intention de se faire entendre encore plus.
De là, les Assemblées générales se sont multipliées et les manifestants se sont organisés en atelier pour amplifier la mobilisation et préparer la journée d’action du 12 février. Journée d’action nationale, elle a été marquée dans notre île par une manifestation musclée au Rectorat avec une jetée de “tongs” symbolique et une décoration du Rectorat avec des pancartes revendicatives pour lancer un message clair au représentant de l’Etat.
Manifestation au Tampon
La semaine s’est achevée avec une grande manifestation des étudiants du Tampon dans les rues de la ville où les manifestants ont été rejoints par de nombreux lycéens inquiets pour leur avenir.
Face à cela, le gouvernement refuse d’entendre le message clair de la communauté universitaire et des étudiants. Au lieu de remettre en cause sa politique, celui-ci affirme vouloir continuer le train des réformes et n’apporte aucune réponse aux revendications étudiantes.
Pire, alors que la mobilisation étudiante prend de l’ampleur, le gouvernement se livre à une véritable provocation : lors de son intervention télévisée du jeudi 5 février, celui-ci s’est félicité du fait que la LRU « permettrait aux universités de choisir leurs étudiants ». Soit ces propos témoignent d’une méconnaissance totale du droit d’accès à l’Université garanti à chaque lycéen, soit il s’agit de l’annonce de l’instauration prochaine d’une sélection à l’entrée de l’Université, inacceptable pour l’UNEF, et qui est de nature à mettre le feu aux poudres. Les étudiants ne laisseront pas instaurer la sélection à l’entrée de l’Université !
Il va s’en dire que la mobilisation continuera à s’amplifier dans les semaines à venir pour faire adhérer le plus grand nombre aux revendications et faire reculer le gouvernement. Un blocage des sites universitaires du Tampon et du Moufia a d’ores et déjà été voté pour lundi matin.
Il est clair que face à la crise, l’accès à un diplôme de qualité reste le meilleur rempart contre le chômage. Il est donc nécessaire de renforcer le service public d’Enseignement Supérieur afin que chaque jeune puisse bénéficier d’une formation de qualité.
LG
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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