Canne à sucre : la mission du ministère de l’Agriculture face au bilan de la stratégie de Tereos
19 septembre, par10 ans après la suppression du quota et du prix garanti du sucre, grave crise de la filière
Les dessous de la prime bagasse
19 janvier 2011, par

La revalorisation du prix de la bagasse ne coûte rien aux centrales thermiques, car ce sont les usagers d’EDF qui doivent donc payer pour maintenir les profits des actionnaires de Séchilienne-Sidec. Rappelons que les centrales thermiques du Gol et de Bois-Rouge reçoivent gratuitement la bagasse en échange de la fourniture gratuite de l’énergie dont a besoin l’usinier. Le planteur et l’usager d’EDF sont totalement exclus de cette transaction qui offre chaque année 30% de la récolte des planteurs à une seule société.
En 1992, la première centrale charbon-bagasse est mise en service à Bois-Rouge, elle sera suivie 3 ans plus tard par une seconde centrale au Gol. Depuis cette date, la totalité de la bagasse produite par les planteurs est brûlée par les installations détenues par la Séchilienne-Sidec. Selon l’accord liant l’usinier et le propriétaire de la centrale thermique évoqué en novembre 2007 par le co-président usinier de l’Interprofession, la totalité de la bagasse est donnée aux propriétaires des centrales thermiques de Bois-Rouge et du Gol. En échange, ces derniers donnent à l’usine sucrière toute la vapeur dont elle a besoin et paient les factures d’électricité de l’usinier. La bagasse obtenue gratuitement par les usines de Séchilienne-Sidec produit de l’électricité qui est vendue à EDF.
Quant aux planteurs, ils ont réussi grâce à la lutte à avoir droit à une prime bagasse : jusqu’à 2008, les planteurs touchaient une somme comprise entre 1,3 et 2 euros par tonne de cannes livrée, en fonction du résultat de la récolte à l’échelle de La Réunion.
Ce système mettait donc en lien quatre parties :
- le planteur qui livrait sa canne et qui recevait entre 1,3 et 2 euros par tonne de cannes livrée pour sa bagasse, somme payée par l’usinier.
- l’usinier qui donne la bagasse à Séchilienne-Sidec.
- Séchilienne-Sidec qui paie la facture d’électricité de l’usinier et lui fournit gratuitement de la vapeur.
- EDF qui rachète l’électricité produite par la bagasse selon un prix du kilowattheure déterminé par contrat.
En 2009, la lutte des planteurs aboutit à une nouvelle avancée pour les planteurs. Le gouvernement annonce que, désormais, la bagasse sera considérée comme une biomasse et non plus comme un déchet. Cela signifie que la valeur de la bagasse sera fortement revalorisée, elle passe à 13 euros par tonne de cannes, que les planteurs doivent partager avec les usiniers. Les planteurs obtiennent finalement 11,05 euros.
Dans son rapport annuel, Séchilienne-Sidec indique que ce changement n’aura aucun impact sur son chiffre d’affaires. EDF est en effet chargé de collecter les fonds nécessaires pour supporter cette augmentation de tarif, et des avenants aux contrats d’achat sont prévus. Autrement dit, c’est à l’usager d’EDF de financer cette augmentation du prix de la bagasse.
Aucun effort n’est demandé au producteur d’électricité, qui a pu pourtant utiliser gratuitement pendant 15 ans la bagasse produite à La Réunion. Or, la bagasse, c’est 30% du tonnage de cannes à sucre récolté.
C’est donc un glissement qui s’opère, où l’augmentation de la rémunération du planteur n’est pas payée par l’usinier et encore moins par le producteur d’électricité, mais par l’usager d’EDF.
M.M.
10 ans après la suppression du quota et du prix garanti du sucre, grave crise de la filière
Mézami néna inn-dé zour mwin té apré rolir dann Témoignages lo kozman nout kamarad Elie la di dann park Laurent Vergès laba o por, l’ot samdi (…)
In kozman pou la rout
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