Luttes sociales

La CGTR appelle à la mobilisation contre la casse sociale

Préparation de la journée d’action du 9 octobre

Manuel Marchal / 20 septembre 2018

Le 9 octobre prochain, la CGTR fera partie de l’Intersyndicale qui appellera à la grève et à la manifestation contre la politique de casse sociale du gouvernement.

JPEG - 61.9 ko
Jean-Yves Payet.

Hier en conférence de presse, la CGTR a évoqué une période d’attaques tous azimut. Les salaires sont bloqués ou avec des hausses inférieures à l’inflation depuis des années. Les difficultés à boucler la fin du mois concernent de nombreux travailleurs. Les cadences augmentent et font courir des risques graves sur la santé des salariés. La pression du chômage joue aussi pour faire taire les revendications.
Le nombre des heures supplémentaires non payées augmentent, et pas seulement dans les petites entreprises, précise Jean-Yves Payet, membre du Bureau confédéral de la CGTR. Ainsi dans les transports, des chauffeurs de bus travaillent 7 jours sur 7. Dans le gardiennage, un travailleur avait un rythme de 70 heures par semaine pour un SMIC 35 heures. Ces allongements non rémunérés du temps de travail privent d’autres travailleurs d’un emploi.
Pour la CGTR, le patronat est rentré dans une période où il pense que tout est permis. Cela s’accompagne d’une politique gouvernementale, avec « un permis de licencier pour pas cher ». La sanction pécuniaire aux Prud’hommes est maintenant plafonnée.
« C’est une pression psychologique permanente contre les salariés », souligne Jean-Yves Payet qui déplore que « la suppression des emplois aidés se fait sans compensation pour les travailleurs mis au chômage ». Il souligne qu’ « une grande partie des élus sont favorables à cette politique ». Il rappelle qu’à La Réunion, 9 % du salaire est pris en charge par le CICE.

Le moment de s’exprimer

La fusion des instances représentatives des salariés dans les entreprises a amené une diminution des heures de délégation syndicale, et une dégradation des missions des délégués. Le temps de délégation est de 25 heures pour qu’un syndicaliste réalise ce que trois faisaient en 35 heures. La diminution des recours aux Prud’hommes est une tendance qui se poursuit.
« Les travailleurs doivent répondre à ces attaques », précise Jean-Yves Payet, « s’il n’y a pas de réaction, cela va continuer à s’aggraver ».
La CGTR sera dans la mobilisation du 9 octobre, en Intersyndicale, avec un appel à la grève générale. Cela concerne les syndicats : CGTR-FO-CFDT-UNSA-CFTC-FSU. Une manifestation est prévue à Saint-Denis. « Cela permettra à ceux qui sont en colère de s’exprimer », souligne Jean-Yves Payet.
Face aux attaques contre les retraités, les chômeurs…, la CGTR va mobiliser l’ensemble de ses structures pour préparer au mieux cette mobilisation et mettre en avant les revendications du monde du travail.

« Le chemin de la lutte »

Pour Jean-Yves Payet, la revendication principale reste l’augmentation des salaires.
« C’est possible de faire changer les choses, mais il faut être solidaires, reprendre le chemin de la lutte pour contrer ces attaques-là », précise la CGTR. Les fruits de la croissance restent en effet mal partagés. « Les 100 fortunes les plus riches de France ont en effet augmenté de 20 % l’année dernière », grâce à une politique en faveur des plus riches.
Jean-Yves Payet appelle également à anticiper la future crise du système qui se prépare. « Le chemin de la lutte est indispensable et vital » afin que les travailleurs ne soient pas encore condamnés à payer le prix d’une crise causée par la classe la plus favorisée par le système.

M.M.