Luttes sociales

La grève continue à ArcelorMittal Réunion

Les travailleurs de Profilage ont reçu le soutien de plusieurs élus

Manuel Marchal / 13 février 2018

La situation est toujours bloquée à Profilage, filiale d’ArcelorMittal à La Réunion. Hier au 5e jour de grève, les travailleurs ont reçu le soutien d’Olivier Hoarau, maire du Port, et du député Jean-Hugues Ratenon.

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Le député Jean-Hugues Ratenon a rencontré les grévistes hier.

Depuis jeudi dernier, les travailleurs de Profilage sont en grève. Ils revendiquent des indemnités de licenciement à la hauteur du préjudice subi par 36 d’entre eux, qui sont visés par un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Ils demandent que les sommes payées par la direction en plus des indemnités légales s’élèvent à une moyenne comprise entre 60.000 et 70.000 euros par personne. Cette somme permettra notamment de reprendre en SCOP l’atelier de huisserie qui sera fermé en raison de licenciement prévu des travailleurs qui le font fonctionner. Les travailleurs contestent également les critères retenus par la direction pour déterminer qui sera mis au chômage. La DUP constate par exemple qu’un couple est placé sur la liste des licenciements, alors que normalement, un conjoint doit avoir le droit de rester dans l’entreprise.

Si les revendications sont satisfaites, ArcelorMittal devra leur payer 2,5 millions d’euros. C’est à peine 10 % d’une trésorerie que la délégation unique du personnel (DUP) estime à 24 millions d’euros sur la base du rapport de l’expert mandaté par le Comité d’entreprise.

Hier matin, les travailleurs ont reçu la visite de plusieurs élus. Il y eut tout d’abord Olivier Hoarau, maire du Port, accompagné d’Emmanuel Séraphin. Puis ce fut le député Jean-Hugues Ratenon. Ce dernier a souligné une lutte qui devrait en inspirer d’autres pour que les Réunionnais « se réveillent », a-t-il dit en substance. Il a souhaité que le mouvement à ArcelorMittal puisse « contaminer » la population.

C’est le 21 février que la DIECCTE doit rendre sa décision sur le plan de licenciements de la direction. Hier, cette dernière n’avait pas lancé les négociations. Avec une telle intransigeance, les travailleurs n’excluent pas de continuer le mouvement jusqu’au 21 février. Cela voudrait dire une grève de deux semaines.

D’après la DUP, chaque jour de grève coûte à l’entreprise entre 70.000 et 100.000 euros. Ceci confirme que la filiale d’ArcelorMittal dispose d’une trésorerie conséquente pour essayer de jouer sur l’usure du conflit.

Hier, un délégué syndical FO d’ArcelorMittal est venu de France pour rencontrer la direction de Profilage. De ces échanges, la discussion pourra peut-être enfin s’ouvrir avec les travailleurs de Profilage.

M.M.