Luttes sociales

La lutte contre la pauvreté au coeur du projet réunionnais

332.000 Réunionnais sous le seuil de pauvreté dont 115.000 jeunes de moins de 18 ans

Manuel Marchal / 30 juillet 2019

L’étude « Revenus et pauvreté des ménages » basée sur des données de 2016 a été publiée par l’INSEE. Elle souligne une fois de plus l’ampleur de la crise sociale à La Réunion.

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Photo Toniox.

L’INSEE a présenté hier les chiffres de la pauvreté. D’après les données de 2016, ce sont 332.000 Réunionnais qui vivaient sous le seuil de pauvreté. Près de la moitié, 115.000, sont âgés de moins de 18 ans. Le taux de pauvreté est établi à 39 %.
L’INSEE indique également ceci : « en 2016, les niveaux de vie restent plus faibles à La Réunion d’un bout à l’autre de l’échelle des revenus. La moitié des Réunionnais vivent avec moins de 1 230 euros par mois et UC, soit 29 % de moins qu’en métropole. Les revenus des plus modestes sont sensiblement plus faibles qu’en métropole : les 10 % des plus modestes disposent d’au plus 640 euros par mois et par UC contre 910 euros en métropole. Quant aux 10 % les plus aisés, ils disposent de revenus plus proches de ceux de leurs homologues métropolitains : au moins 2 920 euros mensuels par UC contre 3160 euros ».

Fortes inégalités

Ceci décrit les conséquences d’un système qui permet aux plus riches d’avoir le même revenu qu’en France, mais impose à tous les autres un niveau de vie bien inférieur, compte tenu d’un coût de la vie plus élevé à La Réunion qu’en France.
Il n’est alors pas étonnant que les inégalités soient plus marquées à La Réunion qu’en France. En moyenne en 2016, les 10 % les plus riches : « les 20 % les plus favorisés reçoivent 43 % de l’ensemble des revenus disponibles, soit 5,7 fois plus que les 20 % les plus modestes ». En France, le différentiel est de 4,3.
Enfin, l’étude note que la majorité des locataires vivent sous le seuil de pauvreté, contre près de 30 % des propriétaires. Elle met aussi en évidence une géographie de la pauvreté, avec des communes rurales où la majorité de la population est sous ce seuil : 50 % à Saint-Philippe, 53 % à Cilaos, 56 % à Sainte-Rose et 58 % à Salazie.

L’urgence d’une autre politique

La publication de ces statistiques rappelle une constante : un fort taux de pauvreté à La Réunion, trois fois plus élevé qu’en France. Si ce taux a diminué progressivement, l’augmentation de la population fait que le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté ne baisse pas.
L’étude souligne également qu’un jeune de moins de 18 ans sur deux est considéré comme pauvre.
Ces données soulignent une fois de plus l’échec d’un système qui n’arrive pas à régler le problème du chômage, première cause de la pauvreté. Elles appellent à la recherche de solutions différentes.
Le PCR propose de travailler sur un projet réunionnais pour répondre à ces problèmes de fonds, et souligne qu’une Conférence territoriale élargie aux forces vives peut être le lieu d’élaboration de ce projet. Les données de l’INSEE rappellent que la lutte contre les causes de la pauvreté doivent être au coeur de ce projet.

M.M.