Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
17 mai 2010
30 décembre 2010, par

Durant plusieurs semaines, des jeunes Réunionnais ont lutté pour travailler dans leur pays. Durant leur année de stage, ces jeunes enseignants ont appris que l’administration les envoyait en France. Il y a pourtant la possibilité de répondre à leur revendication. Cela illustre une des grandes batailles de 2010 : la lutte pour l’emploi des jeunes Réunionnais dans leur pays.
En novembre 2009, le président de la République conclut le Conseil interministériel sur l’Outre-mer. Parmi les orientations inscrites dans son discours figure la volonté de promouvoir les Ultramarins dans la fonction publique chargée d’administrer leur bassin de vie. Ainsi, le chef de l’État propose que pour les postes de catégorie A, à compétence égale, priorité à un fonctionnaire issu du pays. Quelques mois plus tard, l’administration allait totalement marcher sur cette parole alors qu’il est possible d’agir autrement.
Les enseignants qui réussissent un concours de l’Éducation nationale sont après leur titularisation des agents de catégorie A. Jusqu’à l’année dernière, les lauréats réunionnais du concours faisaient leur année de stage à La Réunion. C’est au terme de celle-ci que l’administration décide d’une affectation. Tous les ans, des centaines d’enseignants sont mutés de France vers La Réunion. De plus, des postes supplémentaires peuvent être créés en diminuant le recours aux heures supplémentaires. Enfin, la volonté affichée au plus haut sommet de l’État de favoriser l’émergence de cadres locaux dans la fonction publique laisse entrevoir la fin des mutations forcées en France pour les Réunionnais qui réussissent un concours de l’Éducation nationale.
Intransigeance du gouvernement et de l’administration
À cela s’ajoute une révélation faite par une mission sénatoriale : sur 1.000 postes créés à La Réunion dans l’Éducation nationale, 900 sont pourvus par des fonctionnaires qui viennent d’ailleurs, et 100 par des Réunionnais.
Ce droit des Réunionnais à travailler dans leur pays, c’est une revendication qui est portée notamment par l’Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à La Réunion (AJFER). Car avec plus de la moitié des jeunes au chômage, il faut en finir avec les vieilles méthodes qui sont à l’origine de la crise actuelle. À La Réunion, la fonction publique est un gisement d’emplois, cela doit d’abord profiter aux Réunionnais.
Mais entre les paroles prononcées lors du CIOM et les actes, il y a un fossé que les jeunes ont pu mesurer. Face à leur demande d’obtenir un poste à La Réunion, le ministre de l’Éducation nationale leur répond qu’il faut appliquer le règlement. Même raidissement de la part de la ministre de l’Outre-mer, force est de constater qu’à chaque interpellation par Huguette Bello et Gélita Hoarau, les membres du gouvernement se contentent de refuser tout dialogue.
Un combat quotidien
Bien que les jeunes campent dans le hall de la Région, le soutien affiché par Didier Robert ne débouche sur rien. Il obtient leur départ de la Région à la veille de la venue de Marie-Luce Penchard en échange d’un entretien des jeunes avec la ministre. Mais cette rencontre durera moins d’une minute sur les marches de la Région, juste le temps pour la ministre de réciter le même discours qu’au Parlement : le règlement doit s’appliquer, pas d’exception.
Depuis lors, le gouvernement a restreint les possibilités pour les jeunes Réunionnais de travailler dans leur pays. Outre la hausse du chômage provoquée par des décisions soutenues par Paris, désormais, des jeunes Réunionnais peuvent être envoyés en France avant d’être titulaires, pour faire leur période de stage. Devant ces faits, les jeunes et ceux qui luttent à leurs côtés accentuent leur mobilisation pour qu’enfin, le droit des jeunes Réunionnais à travailler dans leur pays soit reconnu.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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