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Enseignement : Mobilisation les 18 et 25 mai
12 mai 2004

Un budget revu à la baisse, des postes supprimés, des personnels transférés, des places aux concours réduites... L’Éducation nationale fait les frais d’une politique de rigueur inadmissible. D’où la mobilisation de l’intersyndicale des personnels de l’éducation, les 18 et 25 mai.
En France, l’intersyndicale des personnels de l’enseignement (FERC-CGT, SGEN-CFDT, FSU, UNSA-Education) a décidé d’appeler à une journée de grève nationale. Elle aura lieu le mardi 25 mai. "Nos principales revendications portent sur la suspension des transferts de personnels dans le cadre de la décentralisation et la question des moyens pour la rentrée scolaire. Nous avions écrit une lettre au ministre pour avoir des réponses et nous n’en avons eu qu’une : celle d’un refus de suspendre la décentralisation", explique-t-elle.
"La prochaine rentrée scolaire, faute de moyens supplémentaires, sera marquée par un recul important dans de nombreux secteurs", que ce soit dans le premier degré ou dans le second.
François Fillon, le ministre de l’Éducation, doit trouver quelque 440 millions d’euros, afin de satisfaire son collègue des Finances, qui demande à tous les ministres de faire des économies. Une austérité qui est calculée en fonction de l’importance du ministère. Comme l’éducation est un “gros ministère”, Nicolas Sarkozy exige donc qu’il fasse “beaucoup d’efforts”.
Du coup, François Fillon va couper dans tous les budgets, sans exception. À commencer par les crédits d’équipements et les crédits pédagogiques. Et dans la foulée, seront supprimés les frais de déplacements des enseignants partant en formation, les fournitures diverses et variées, les frais de communication...
Mais là n’est pas le pire. François Fillon s’attaque également aux effectifs : suppression d’au moins 5.000 postes d’enseignants. Une diminution est prévue pour le premier degré, d’où le recours massif à ce que l’on appelle “les listes complémentaires”. Dans le second degré, cela pourrait se traduire par une augmentation significative du nombre d’élèves par classe et la suppression de certaines disciplines (artistiques, langues, sports...).
Et avec moins de personnel disponible, tout enseignant malade - ou en formation - pourrait ne pas être remplacé...
À cela s’ajoute la disparition des “aides éducateurs”, des maîtres d’internat et surveillants d’externat (MI-SE), lesquels ne seront pas remplacés par autant d’assistants d’éducation...
Voilà pour les mesures “d’urgence”. Mais le plan gouvernemental travaille sur “l’avenir” : baisse de 30% en moyenne du nombre de postes aux concours dans le premier et surtout dans le second degré. Et dans les “idées” gouvernementales : limiter la scolarisation des enfants de moins de trois ans aux ZEP (zones d’éducation prioritaire).
Pour l’intersyndicale, "la politique éducative menée par ce gouvernement va à l’encontre de la réussite de tous les élèves et de tous les étudiants".
Autre motif de mécontentement : le transfert des TOS. "Comme son prédécesseur et contre l’avis de 24 présidents de Région sur 26, le ministre confirme vouloir maintenir les transferts de missions et des personnels, notamment TOS".
Et l’intersyndicale de conclure : "Tous les personnels - enseignants et IATOSS - doivent s’opposer à une décision qui va à l’encontre de la cohérence de l’équipe éducative et du bon fonctionnement du service public d’éducation".
À La Réunion, l’intersyndicale (FSU, UNSA, CGTR, CFDT, SNAEN, SE) va participer au mouvement de grève nationale du 25 mai ; mais dès le 18, elle sera mobilisée. Pour protester contre le transfert des TOS. Une question qui, encore plus qu’en France métropolitaine, revêt une grande importance. Et dénoncer “La mauvaise éducation” du gouvernement pourrait-on dire, pour parodier le titre du dernier film de Pedro Amoldovar.
D. B.
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