La méthode de l’UIR-CFDT pour le logement, la prévoyance, le pouvoir d’achat

18 février 2008, par Edith Poulbassia

L’UIR-CDFT veut placer l’année 2008 « sous le signe du respect des salariés ». Après la réunion mensuelle du bureau hier, l’union syndicale a présenté les grandes lignes de son programme annuel. Un ensemble de propositions sur le logement, le pouvoir d’achat, la prévoyance santé, qu’elle veut mettre en application concertée avec les entreprises. Ainsi qu’une efficacité syndicale renforcée grâce à la formation des militants.

Jean-Pierre Rivière, Christine Nicol et Pierre Savigny vont s’employer à mieux informer les salariés de leurs droits.
(photo EP)

Avec 15.639 adhérents, l’UIR-CFDT (Union interprofessionnelle régionale de la CFDT) se présente comme la première organisation syndicale de l’île, des secteurs de la fonction publique au privé.
Mieux informer les salariés de leurs droits, c’est le rôle des syndicats. L’UIR-CFDT va s’y employer, en particulier pour le logement, dès le premier trimestre. Les salariés ont en effet droit à des aides de financement dont ils ne se servent que très peu par manque d’information. L’UIR-CFDT va constituer un réseau de référents, lesquels seront formés en mars. L’UIR-CFDT compte par ailleurs sur la réorientation de la défiscalisation vers le logement social pour répondre aux 27.000 demandes en instance. Parmi ces demandes, des salariés qui n’ont pas les moyens de louer ou d’acheter.
Autre insuffisance sur laquelle l’UIR-CFDT propose d’agir : la prévoyance. « Nous avons fait ce constat avec le chikungunya. Les salariés malades ne sont pas couverts, souligne Jean-Pierre Rivière, Secrétaire général de l’UIR-CFDT. La majorité des salariés sont sans convention collective et n’ont pas accès à 75% du salaire, à la rente d’invalidité ». Pour y remédier, le syndicat a trois propositions. Négocier avec les organisations patronales un tableau de garantie avec un accord interprofessionnel pour couvrir la prévoyance lourde ; créer un Observatoire régional de la santé au travail gouverné par les partenaires sociaux pour des plans de prévention et détecter les problèmes de santé au travail ; former des “messieurs sécurité inter-entreprises” pour faire de la prévention auprès des salariés.
Pour le pouvoir d’achat des salariés, le syndicat est persuadé que des leviers ne sont pas utilisés. « Nous allons former à l’économie d’entreprise pour enfin parler d’égal à égal. Il faut sortir de la simple augmentation des salaires. Les chèques-déjeuners, les mutuelles, etc... sont des leviers sur lesquels on peut jouer durablement pour augmenter le pouvoir d’achat », explique Christine Nicol, secrétaire général adjointe.
Et plus largement, l’UIR-CDFT veut donner accès aux salariés des TPE, soit 90% des entreprises à La Réunion, à certains droits. Exemple avec l’épargne salariale encore réservée aux entreprises de plus de 50 salariés, et la représentation syndicale. Pour l’épargne salariale, précise Jean-Pierre Rivière, « nous allons demander à ce que l’ensemble des fonds récoltés restent à La Réunion pour aider l’économie ».

Loi-programme :
« encore une loi où on exonère »

Pharmaciens, précaires, loi-programme, discrimination. L’UIR-CFDT a profité de la présentation de son calendrier de travail annuel hier pour s’exprimer sur des sujets d’actualité.
L’UIR-CFDT fait partie des déçus de la nouvelle loi-programme pour l’Outre-mer. « Encore une loi où on exonère, commente Jean-Pierre Rivière, le Secrétaire général. La compétitivité se mesure au coût du travail et ne tient pas compte de l’humain ». Le syndicat constate que les exonérations ne donnent lieu à aucune contrepartie. Aucun objectif de création d’emplois pérennes, à peine l’obligation de réserver une partie des bénéfices des entreprises à la formation. L’UIR-CDFT va intervenir au niveau du CESR et de la confédération nationale pour « peser sur la rédaction de la loi » et y inclure des indicateurs de suivi des exonérations pour un développement de l’emploi à La Réunion.
L’UIR-CFDT n’est pas d’accord non plus avec la méthode choisie par les pharmaciens pour protester contre la baisse de 3% des prix des médicaments. « Lier la baisse des prix à la diminution de l’emploi, c’est inacceptable », juge Jean-Pierre Rivière. Ni les salariés, ni les clients ne devraient pâtir de ce manque de dialogue avec l’Etat. Le syndicat prévient, il ne « restera pas inerte » si les pharmaciens mettent à exécution la menace de déconventionnement avec la Sécurité Sociale. La riposte reste à définir.
Pour les précaires de l’Education nationale, le syndicat estime que « malgré les annonces de la semaine dernière, rien ne suit et la situation de blocage persiste ». Martin Hirsch, le Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, avait accordé des CUI (Contrats uniques d’insertion) au personnel embauché en CAE. De la promesse à la mise en œuvre, le chemin semble long pour l’UIR-CFDT. L’union syndicale confirme l’organisation d’une réunion ce mercredi 20 février à 17 heures. Elus, candidats aux Cantonales et Municipales, représentants des collectivités sont invités à apporter des solutions et à s’engager. L’UIR-CFDT veut du concret, « un véritable plan de résorption de la précarité dans l’Education nationale ».

Edith Poulbassia


Une syndicaliste victime de discrimination à la SODIPARC

Suite aux déclarations de la HALDE sur les discriminations dans la fonction publique, l’UIR-CFDT renchérit. « La discrimination existe bien à La Réunion », déclare le secrétaire général. Dans le cas précis cité, elle est même syndicale. La victime, une employée de la SEM SODIPARC, chauffeur de bus en vacation, élue conseillère aux Prud’hommes en 2002, et conseillère syndicale. L’employeur a supprimé les indemnités auxquelles la salariée avait droit, sous prétexte de son engagement syndical, affirme Jean-Pierre Rivière. Si, en première instance, l’employée a perdu, en appel le 5 février, le tribunal a reconnu la discrimination syndicale. L’affaire suit son cours en Cassation. Exemple à l’appui, Jean-Pierre Rivière incite donc les salariés à dénoncer ce genre de comportement. « Nous demandons aux salariés, notamment à ceux d’une entreprise très connue dans la téléphonie, d’oser réagir ».

EP


Grève du 6 mars : sans l’UIR-CFDT

La semaine dernière, la CGTR a appelé les syndicats à se joindre à la grève du 6 mars pour protester contre la politique de casse sociale, les attaques contre les droits des salariés, la baisse du pouvoir d’achat. L’UIR-CFDT ne suivra pas le mouvement. « L’UIR-CFDT n’a pas été contactée. Nous l’avons appris par la presse. Pourtant, la confédération de la CFDT et la CGT ont signé un accord pour faire front sur le pouvoir d’achat », explique Jean-Pierre Rivière. D’après le secrétaire général, la perspective des élections des représentants aux Prud’hommes (en décembre) ne serait pas étrangère à la démarche de la CGTR.

EP


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Témoignages - 82e année


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