Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Le trésorier national de l’UNSA à La Réunion
10 juin 2010

Jacques Bory, trésorier national de l’UNSA, est actuellement en visite à La Réunion. Lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi 9 juin 2010. Il a commenté le manque de mobilisation des Réunionnais contre la réforme des retraites lors de la manifestation du 27 mai dernier. « Lorsqu’on leur dit que ça va les toucher dans quelques années, ils acquiescent mais refusent de se mobiliser », déplore le syndicaliste. « Mais il y a une prise de conscience du problème. La mobilisation va croître », promet-il. Une mobilisation qui pourrait aboutir à une « explosion sociale », selon Jacques Bory.
« On ne peut pas se cacher derrière la crise pour prétendre que la réforme des retraites proposée par le gouvernement va tout régler », lance Jacques Bory. Pour le trésorier de l’UNSA, l’État n’a qu’une « approche comptable » sur la question des retraites. « C’est inacceptable. On ne peut pas faire peser le financement uniquement sur les épaules des salariés », martèle t-il.
Le syndicaliste concède néanmoins qu’une « réforme des retraites est nécessaire ». « Mais il faut prendre en compte tous les problèmes », souligne t-il en faisant allusion à la question de l’emploi, des salaires, de la pénibilité au travail, de l’emploi des femmes ou encore du travail à temps partiel. Néanmoins, « il est hors de question de toucher à l’âge de départ à la retraite à 60 ans », indique-il. Concernant la question de l’allongement de la durée des cotisations, « on peut en discuter », répond t-il.
L’UNSA préfère privilégier des « solutions plus justes » pour pérenniser le système des retraites par répartition. Jacques Bory propose notamment la remise en cause du bouclier fiscal et des exonérations des heures supplémentaires, la taxation des stocks options, l’augmentation de la CSG de 1 point ou encore l’augmentation de 0,3 point de la cotisation vieillesse. « Ces propositions devraient permettre à l’État de dégager chaque année 10 milliards d’euros pour le financement des retraites », précise le syndicaliste. « Ce n’est pas suffisant », concède t-il. « D’autres solutions peuvent être trouvées dans le cadre de négociations entre l’État et l’intersyndicale. Pour l’instant nous sommes écoutés, mais nous ne sommes pas entendus », regrette Jacques Bory.
Face à ce « manque d’écoute de l’État », l’intersyndicale a appelé à une nouvelle mobilisation contre la réforme des retraites le 24 juin prochain. Une mobilisation qui « sera plus importante que la précédente », assure le trésorier de l’UNSA. À la question d’une possible baisse de la mobilisation à l’approche des vacances, Jacques Bory répond : « Elle peut baisser comme elle peut monter de façon incontrôlable jusqu’à l’explosion sociale ». « Mais ce n’est pas le but de la manifestation du 24 juin », termine le représentant syndical.
Courrier des lecteurs
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