Luttes sociales

La mobilisation des travailleurs s’amplifie

17ème jour de grève à Rhums-Réunion

Manuel Marchal / 9 août 2007

Alors qu’est confirmée la tenue, vendredi, d’une Commission de conciliation à la Direction du Travail, le mouvement s’est durci hier. Les travailleurs sont amenés à prolonger le piquet de grève pour anticiper toute tentative de la Direction visant à affaiblir l’action. Contraints voici 17 jours à faire grève, les salariés poursuivent le mouvement dans l’unité d’action afin de faire aboutir leurs revendications.

La tension est montée hier au piquet de grève à Rhums-Réunion, au 16ème jour du conflit. En effet, la Direction a demandé à un camion d’entrer dans l’usine malgré la présence des grévistes. Cette manœuvre a été repoussée par les travailleurs. Résultat : ils vont dorénavant prolonger la durée du piquet de grève pour déjouer toute nouvelle tentative de cette sorte.
Sur le plan de la négociation, une réunion de conciliation est annoncée pour demain, 13h30, à la Direction du Travail à Saint-Denis. Elle doit faire se rencontrer les représentants des salariés, de la Direction, de la CGTR et du MEDEF, sous l’égide d’un représentant de la Direction du Travail.
Depuis 17 jours, les salariés de l’entreprise sont en grève pour une plus juste répartition des richesses. Ils demandent une revalorisation des salaires de 150 euros. Pour le moment, les négociations ont échoué, les propositions de la Direction étant jugées nettement en deçà des revendications par les salariés.
Rhums-Réunion, c’est une société qui a réalisé l’an dernier 18 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Elle fait partie du Groupe Quartier-français, qui détient le monopole des usines sucrières à La Réunion. Par ailleurs, Quartier-Français est présent dans plusieurs pays, il a notamment investi dans l’industrie sucrière en Tanzanie.
Structure employant un millier de personnes, Quartier-Français a réalisé en 2005 un chiffre d’affaires de 290 millions d’euros, dont 70% en Europe où le groupe distribue 250.000 tonnes de sucre.
Il est à noter que récemment, une autre société du Groupe a connu un mouvement social. Mais à la Sucrerie du Gol, la négociation a permis d’aboutir à un règlement dans la demi-journée, ce que n’a pas manqué de souligner la CGTR-Ouest. « Comment peut-on expliquer que la grève de Rhums-Réunion continue contrairement à l’usine du Gol où la situation s’est débloquée rapidement ? », interrogeait le syndicat vendredi dernier. Force est de constater que la situation n’a toujours pas bougé et qu’aucune réponse n’a été apportée à cette question. Mais ce blocage n’entame en rien la motivation des salariés, unis dans l’action pour faire aboutir leurs revendications.

Manuel Marchal