Canne à sucre à La Réunion : il est temps de tout revoir
21 septembre, parSortir du système néocolonial de simple fournisseur des profits d’une société exogène
Respecter un droit constitutionnel
8 décembre 2010

« Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi » est écrit dans la Constitution.120.000 chômeurs à La Réunion montre combien ce droit n’est pas respecté.
Le travail de chacun est prévu dans le code de la contribution élaborée en 1958 sous la présidence du Général de Gaulle où il est dit : « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ».
Il appartient à l’État de tout mettre en œuvre pour créer les emplois ou par le biais des initiatives prévues ou par le service public.
À La Réunion, l’État a complètement oublié ou occulté cette règle, sinon comment expliquer qu’il y ait ici 120.000 chômeurs, jeunes ou moins jeunes, diplômés ou pas, touchant beaucoup d’ailleurs les femmes ? Ce triste record, ajouté aux problèmes de l’illettrisme, du logement, constituera les échecs notoires de la départementalisation dont il ne faut pas avoir pour le dire.
Alors, passagèrement, et notamment quelques mois avant les élections, on voit se déployer ou redéployer les emplois « aidés ».
Les chômeurs ou chômeuses deviennent alors une manne électorale incontestable pour beaucoup de nos élus.
N’est-ce pas la honte de la République, au moment où on célèbre le 20 Décembre comme fête réunionnaise de la liberté rappelant l’abolition de l’esclavage, au moment où on se bat pour la dignité de chacun, la notion même d’emploi « aidés » est à abolir. Un emploi est un emploi, un point c’est tout.
Il appartient aux politiques, à l’État de rendre au travail sa noblesse pour que chacun y trouve dans la cadre de la République sa dignité et non pas être un bon d’achat électoral.
Il faut créer des structures totalement indépendantes de ces calculs électoraux n’élevant pas le débat pour le développement de notre pays.
L’indépendance de chacun, sa liberté de choisir son vote, son avenir doivent être impérativement conservés. Peut-être faut-il mettre en place une association pour le déroulement normal et l’embauche des plus faibles à La Réunion en dehors des maires ou conseillers généraux ou régionaux, dont très souvent la préoccupation est leur renouvellement électoral.
La Réunion doit mériter mieux. La notion d’emploi « aidés » doit disparaître. Un emploi reste un emploi pour répondre à des besoins d’intérêt général en particulier et non pas une mise sous tutelle d’un individu pour un besoin électoraliste.
Jean Hoarau
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