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Le syndicat du patronat a présenté son plan “choc” en 12 propositions, dans un document de 51 pages. Le MEDEF assure que « c’est possible » de créer 1 million d’emplois, en réformant « en profondeur les structures économiques » de la France.
Pierre Gattaz, patron des entrepreneurs, est persuadé que le pacte de responsabilité « ne suffira pas seul à relancer une dynamique de croissance forte et pérenne », raison pour laquelle il faut un « projet complémentaire » alors que les contreparties au pacte de responsabilité dans les branches ne sont pas encore négociées.
Le patronat souhaite revoir les seuils sociaux (proposition 1) qui seraient « un frein à l’embauche ». Selon le MEDEF, il existe plus de deux fois plus d’entreprises ayant un effectif de 49 personnes que d’entreprises en comptant 50. Le patronat demande une révision de ces seuils négociée avec les partenaires sociaux avant la fin de l’année. Le patronat prévoit entre 50.000 et 100.000 emplois créés sous trois ans
Ensuite, il veut des emplois aidés moins chers (proposition 2), l’idée d’appliquer un SMIC Jeune revient ainsi que supprimer certains jours fériés et les ponts (proposition 3). Ils seraient « un frein à la croissance et donc à l’emploi », il faut donc supprimer un ou deux et, aussi, accoler ceux qui restent à un week-end pour éviter les ponts. (100.000 emplois prévus).
Face aux « contraintes trop rigides », Pierre Gattaz propose de réformer la formation professionnelle et l’apprentissage (proposition 4), afin de créer en 5 ans, 240.000 emplois à travers un « cadre réglementaire mieux adapté » pour les entreprises.
Pour développer l’emploi, le MEDEF propose de favoriser huit grands secteurs prioritaires, potentiels viviers d’emplois : la construction (150.000 emplois), les services (100.000 à 500.000), le tourisme (50 à 200.000), le commerce (40.000 à 100.000), la banque (50.000), l’industrie (10.000 à 50.000), la santé (10.000 à 50.000), l’agro-alimentaire (90.000).
Le patron du MEDEF, Pierre Gattaz souhaite « réinventer un nouveau modèle économique et social », car il est persuadé que « notre modèle économique et social, hérité de la Libération et basé sur le modèle des Trente Glorieuses, a vécu ». Pour cela, il s’agit de repenser le contrat de travail (proposition 5) et remettre en cause le CDI pour le remplacer par un « contrat de projet », c’est-à-dire, « un contrat à durée indéterminée qui prendrait fin automatiquement une fois le projet réalisé.
Le MEDEF veut aussi revoir le cadre légal de la durée du travail (proposition 6), d’instaurer plus de flexibilité (proposition 7), de contrôler les chômeurs (proposition 8), de repousser l’âge de la retraite (proposition 9) et de limiter la dérive législative (proposition 10). Enfin, le MEDEF souhaite renforcer la négociation d’entreprises (proposition 11) afin de reconnaître « la primauté du collectif sur l’individuel » et de réformer l’Education nationale (proposition 12).
Pour les syndicats de travailleurs, ces propositions sont une réelle “provocation” contre les travailleurs et les demandeurs d’emploi.
Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a dénoncé ce « recul social dangereux pour l’ensemble des salariés », ajoutant qu’il est « temps que le patronat revienne à la raison et arrête ses provocations ». Ce dernier a particulièrement critiqué la préférence affichée pour les accords négociés à l’intérieur des entreprises, ce qui serait « une bataille du pot de terre contre le pot de fer » pour les salariés.
De son côté, la CFE-CGC a dénoncé « la provocation » du MEDEF. « Après avoir obtenu les aides » dans le cadre du pacte de responsabilité, « le MEDEF recule et a de nouvelles exigences, ce n’est pas acceptable », a ajouté le syndicat des cadres. « Le MEDEF veut le beurre, l’argent du beurre. La CFE-CGC refuse de lui donner la crémière ! Et quelle sera la prochaine proposition du MEDEF ’ Que les salariés payent pour venir travailler ’", a ironisé le syndicat dans un communiqué.
Un projet réformateur sur le court, moyen et long terme
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