Luttes sociales

La Réunion : Le COSPAR lutte pour un accord global

Suspension des négociations

Manuel Marchal / 14 mars 2009

Les discussions prévues hier entre le COSPAR, la grande distribution et le patronat ont tourné court. Le Collectif d’organisations syndicales, politiques et associatives de La Réunion reviendra négocier lorsque les attentes de toute la population seront entendues.

Hier matin, le COSPAR (Collectif d’organisations syndicales, politiques et associatives de La Réunion) avait rendez-vous avec la grande distribution pour discuter de la baisse des prix d’une liste de 137 produits. À la grande surprise du collectif, les représentants de la grande distribution ont changé de position. Ils étaient prêt à discuter d’une diminution de 5 à 14% sur une liste de 40 produits, dont une grande partie sont des produits locaux.
Le collectif a d’abord demandé au préfet de quitter la salle, car le COSPAR refuse de discuter sous la pression d’un représentant de l’État qui veut aboutir au plus vite à un accord. Ensuite, le COSPAR a décidé de suspendre les négociations avec la grande distribution. Elles reprendront en fonction des propositions qui seront soumises au collectif. Rappelons que le COSPAR revendique une baisse de 20% sur 100 familles de produits, soit 500 articles.
Concernant les salaires, la réunion prévue hier après-midi à la préfecture a été annulée. Les négociations sont également suspendues.
Le COSPAR veut que soient abordés dans les discussions la situation des revenus des chômeurs, des allocataires des minimas sociaux, des retraités, des étudiants boursiers et des jeunes de 18 à 25 ans. Pour le moment, le préfet et le MEDEF proposent 150 euros pour les salariés du privé payés en dessous de 1,4 SMIC, dont 100 euros pris sur le RSA et 50 venant du patronat. Et depuis l’annonce jeudi de la proposition du MEDEF (50 euros par mois pendant trois ans) toutes les autres organisations patronales ont affirmé qu’elles ne pourront pas appliquer cet accord.
Le COSPAR revendique 200 euros d’augmentation pour les bas salaires, les minimas sociaux, les petites retraites et les étudiants boursiers. « Tant que l’on ne règle pas cette question dans un projet d’accord global », le COSPAR ne reviendra pas à la table des négociations. Le collectif attend donc des différents partenaires des propositions à ce sujet, qui devront donc intégrer une solution positive pour les 52% de la population qui vit sous le seuil de pauvreté. Pour le COSPAR, il n’est donc pas question de cautionner un accord catégoriel qui laisserait sur le bord du chemin la majorité de la population. Car c’est grâce à la mobilisation de toutes les couches de la population que le COSPAR a pu arracher l’ouverture de négociations.

Avancée dans le logement

Concernant le logement, des avancées ont été obtenues. Cela concerne le gel des loyers dans les logements sociaux à leur niveau du 31 décembre 2008 en attendant l’application de l’augmentation du forfait charge DOM de l’allocation logement. Reste d’autres dossiers à faire avancer comme la réhabilitation notamment.
« Le peuple a permis au COSPAR d’avancer plus vite », souligne Erick Fontaine de la CNL. Il rappelle qu’en 2005, la sénatrice Anne-Marie Payet avait interpellé le gouvernement sur le forfait charge, elle n’avait pas pu être entendue. Les avancées sur le logement montrent que grâce à l’aide du peuple, les revendications du COSPAR peuvent aboutir. Raison de plus pour que l’accord prenne en compte toutes les composantes de la société réunionnaise.

 Manuel Marchal