Luttes sociales

La Réunion : Le COSPAR ne signera pas dans la précipitation

Accord insuffisant proposé par le préfet

Témoignages.re / 18 mars 2009

Le COSPAR ne signera pas sous la pression un accord qui ne donne pas satisfaction à l’ensemble de la population. Le collectif avancera ses contre-propositions, et appelle à la mobilisation la plus large demain à Saint-Denis et à Saint-Pierre.

« Cet accord est trop flou et trop déséquilibré. Nous ne signerons rien », a lancé Jean-Pierre Rivière, secrétaire général à la CFDT, lors de la conférence de presse du COSPAR (Collectif d’organisations syndicales, politiques et associatives de La Réunion) ce mardi après-midi 17 mars 2009 au siège de la CFDT.
Hormis le gel des loyers dans les logements sociaux, aucun point de l’accord ne donne satisfaction aux membres du COSPAR. Ils réfléchissent d’ores et déjà à des contre-propositions. Ils les soumettront ensuite aux différents partenaires de la négociation. En attendant, le collectif appelle à une mobilisation « massive » pour le jeudi 19 mars, jour de manifestation nationale.
« Nous ne sommes pas pressés de signer cet accord », a affirmé Ivan Hoareau, secrétaire général à la CGTR, en réponse à « l’empressement du préfet et du patronat d’avancer vite en ce qui concerne les salaires ». Pour le dirigeant syndical, « il ne peut pas y avoir d’accord salarial en 3 réunions. C’est toute une grille salariale qui doit être révisée ». Le COSPAR demande, de plus, aux collectivités territoriales de « prendre en charge une augmentation de salaire de ses personnels ».

« Moins de 2 euros par jour »

Il a rappelé que « 50 euros par mois, c’est moins de 2 euros par jour. C’est n’est rien pour les grands patrons. Nous ne pouvons pas signer un accord qui profite à la grande distribution et aux grands patrons ». Autre problème évoqué, celui de l’extension de l’accord avec le MEDEF à toutes les entreprises. « Nous constatons que l’extension de l’accord est aujourd’hui remise en cause en Martinique et en Guadeloupe, nous ne voulons pas la même chose à La Réunion », a ajouté le porte-parole du collectif.
Jean-Hugues Ratenon, président d’Agir Pou Nout Tout, a quant à lui réagi sur les prix en lâchant un « arrêtez de nous rouler » en direction de la grande distribution. « Nous obtenons une baisse de 5% sur le prix du riz et 14% sur le prix du balai. De quoi a-t-on le plus besoin ? », ironise-t-il. Qualifiant l’accord global d’« insatisfaisant », il a affirmé que « les opérations communications vont se multiplier si ça continue ». « Comment est-il possible qu’en Martinique, on puisse obtenir un accord sur 400 produits et pas ici », s’est il interrogé.

Et les plus pauvres ?

Autres points abordés, les minima sociaux, les revendications étudiantes, notamment les bourses, et les prix du gaz et du carburant. Concernant les minima sociaux, « aucune avancée » n’est notée. « Le préfet campe sur la prime annuelle exceptionnelle de 200 euros. C’est inadmissible. Les bénéficiaires de minima sociaux et de minimum vieillesse sont les populations les plus défavorisées », a dénoncé Fabrice Tandrayen, président de l’ARPA (Association réunionnaise des personnes âgées).
Face à toutes ces « carences », Jean-Pierre Rivière a affirmé que « des contre-propositions seront bientôt soumises aux partenaires ». Il a en outre appelé une nouvelle fois à la mobilisation pour la manifestation du jeudi 19 mars 2009. Deux manifestations sont prévues demain à 9 heures. L’une à Saint-Denis, au départ du Petit Marché, l’autre à Saint-Pierre, au départ de la Mairie. A Saint-Denis, le défilé passera par la rue piétonne et la rue de Paris pour se terminer devant la Préfecture.
Le COSPAR espère « qu’il n’y aura pas de débordement ». A cet effet, une réunion est prévue aujourd’hui à 11 heures avec le sous-préfet de Saint-Pierre, chargé de la sécurité. De plus, le collectif devrait renforcer son service de sécurité. A la question des éventuels risques de débordements, Ivan Hoareau a répondu : « nous ne sommes pas responsables de la situation sociale à La Réunion. C’est le fruit de l’exaspération sociale. C’est au préfet de prendre ses responsabilités ».