Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Dans le ciseau de la courbe du chômage et de celle des prix
23 mars 2006

Les statistiques de l’ANPE concernant le chômage montrent que depuis le mois de novembre 2005, la courbe remonte de manière inquiétante. Si sur an, les statistiques de l’ANPE montrent malgré tout une baisse de 5,8%, ce chiffre même est remis en question par les associations Collectif de Lutte contre l’Exclusion et Agir Pou Nout Tout.
À l’annonce d’une baisse générale annuelle de la courbe du chômage, Jean-Pierre Técher du Collectif de Lutte contre l’Exclusion ne fait qu’un bond : "Ce n’est pas la première fois que nous contestons les chiffres de l’ANPE qui ne reflètent pas la réalité. Si le nombre de chômeurs donné par l’ANPE franchit le cap des 90.000 personnes, il faut savoir par exemple que sur les 75.000 allocataires du RMI, il n’y en a que 40% environ qui sont inscrits à l’ANPE. Faites vous-même l’addition... C’est pour cela qu’il faut inciter chaque allocataire du RMI à s’inscrire à l’ANPE."
De plus en plus grave
Il poursuit son commentaire : "Le gouvernement a décidé dans sa politique de faire baisser le nombre de demandeurs d’emploi, que le chômage connaisse une baisse substantielle. Trois éléments permettent d’expliquer cette baisse : lors des convocations de groupe, l’absence d’une personne est un motif de radiation, lorsqu’on lui fait une proposition d’emploi s’il la refuse, il est radié, et s’il l’accepte il disparaît aussi des chiffres. Voilà le matraquage. De même, une personne qui travaille en stage non rémunéré n’est pas comptabilisée. Sur l’année, la situation du chômeur, elle, ne s’améliore pas. Les contrats d’avenir n’ont d’avenir que le nom, aucune association ne peut prendre en charge le résiduel laissé par la participation dégressive de l’État. Malgré cette politique d’accélération du Plan Borloo, on assiste en ce début d’année à une montée en puissance des demandeurs d’emploi. Cela veut dire que malgré les créations d’emplois dans le cadre de la lutte contre le chikungunya, un véritable malaise continue à exister. En dépit des annonces mielleuses, la situation est de plus en plus grave. L’augmentation du coût de la vie, beaucoup de gens vous le diront, depuis la mise en place de l’Euro les marchandises ont augmenté et avec le ti larzan, les familles ont du mal à faire face. Si entre 2004 et 2005 nous avons connu une diminution des allocataires du RMI, si nous étions satisfait du taux de croissance de l’île, avec le chikungunya, avec la crise touristique, pourrons-nous atteindre les objectifs du Plan départemental pour l’insertion ? À moins de rebondir..."
Chiffres artificiels
Jean-Hugues Ratenon du collectif Agir Pou Nout Tout n’est pas en reste : "Deux éléments apparaissent : une baisse du pouvoir d’achat et une hausse des demandeurs d’emplois. Les chiffres donnés par l’ANPE sont déjà en eux-mêmes extrêmement élevés, mais le taux de chômage va encore plus loin si on sort du jeu des catégories et qu’on prend en compte toutes les personnes qui n’ont pas de travail. Les statistiques ne reflètent pas la réalité du terrain. Il y a des radiations massives des demandeurs d’emploi et sur le terrain on le voit tous les jours. Des personnes qui, pour diverses raisons, sont sanctionnées sur plusieurs mois, aussi le nombre de demandeurs d’emploi chute-t-il de manière artificielle. Il serait bon qu’il y ait un recensement réel du nombre de demandeurs d’emplois, et un demandeur d’emploi, c’est quelqu’un qui ne travaille pas. Nous allons bientôt avoir des chiffres beaucoup plus catastrophiques. Les personnes qui ne sont plus inscrites à l’ANPE ne sont plus comptabilisées, mais sont-elles aujourd’hui au travail ? La réponse c’est que beaucoup de personnes qui sortent du fichier des demandeurs d’emplois sont encore au chômage."
Pour l’Égalité des prix
Jean-Hugues Ratenon ne peut que réagir également face à l’inflation de 3% sur un an : "On constate que les prix continuent à augmenter et que, face à cela, il n’y a pas de mesure prise par le gouvernement pour maintenir le pouvoir d’achat des familles réunionnaises. Il y a un problème d’égalité entre les citoyens de la république. Dans cette affaire, l’État est en train de mépriser une partie de sa population. Dans la loi d’orientation, l’article 75 parle de l’observatoire des prix et des revenus ; plus que jamais il faut militer pour son installation." Agir Pou Nout Tout interpelle ainsi l’ensemble des élus et le préfet car "ce n’est qu’à partir de cet observatoire que des mesures pourront être prises."
Eiffel
Courrier des lecteurs
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