Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Fin de la grève chez Apavou
3 mars 2005

Les salariés de la société immobilière Apavou rendent les armes face à l’offensive de son directeur Max Roland. La Fédération BTP de la CGTR poussera l’affaire devant le Conseil des Prud’hommes.
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Comme annoncé dans notre édition d’hier, les salariés du Groupe les bâtisseurs de La Réunion ont repris le chemin du travail, bien évidemment sous réserve du strict respect des protocoles signés entre les deux parties. La situation est beaucoup plus tendue pour les salariés d’Apavou. Ils font face à un bloc inflexible. Le directeur général du groupe, Max Roland, n’entend pas négocier avec ses salariés. Au terme de l’assemblée générale qui réunissait grévistes et délégués syndicaux hier devant les murs de l’immeuble Futura, les salariés ont décidé de suspendre leur mouvement de grève, et de reprendre le travail.
L’ensemble des délégués syndicaux continuent leur action judiciaire contre le “patron voyou”. "Max Roland s’amuse avec nous, en nous disant d’aller aux Prud’hommes", déclare Alain Naillet, secrétaire général de la CGTR-BTP. Et de poursuivre, "nous allons bien évidemment déférer cette affaire au Conseil des Prud’hommes. Nous savons ce que nous avons à faire, selon nos droits. Mais nous allons aussi saisir l’inspection du travail, pour que Max Roland reconnaisse ses erreurs".
Alain Naillet reconnaît l’ambiguité du dossier. Les salariés qui ont été renvoyés ne sont pas des salariés "protégés", entendez représentant de personnel ou délégué syndical. "La solution à ce litige est financière", déplore Alain Naillet. Il rappelle que pour un salarié "protégé" de GTOI, renvoyé malgré les dispositions législatives, il a fallu attendre 7 ans de procédure. Le salarié obtiendra 1 million de francs de dommages et intérêts. Mais il a attendu 7 ans. On comprend le choix tactique de la CGTR de revendiquer la réintégration "immédiate" sans passer par la voie judiciaire. La loi protégerait-elle les patrons délinquants ? Fait aggravant : le conseil prud’homal est toujours en sommeil. Les élections de ses représentants ne sont programmées que pour le mois de mai 2005, tandis que l’instance ne sera opérationnelle qu’en juin prochain. Quand on sait qu’il y a environ 5.200 dossiers qui y sont traités chaque année, on attend vivement que cette instance recommence ses activités. Ainsi, en attente de la mise en place des élections, c’est le Tribunal d’instance qui devra gérer cette affaire. À moins qu’il ne faille attendre en juin 2005. Pendant ce temps, on ne peut que souhaiter bon courage aux employés d’Apavou, qui devront encore patienter pour faire valoir leurs droits.
Bbj
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