Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
22 avril 2011

L’UNEF Réunion tient à informer les étudiants et par la même occasion dénoncer les mesures et décisions inacceptables qui sont actuellement prises à l’université de La Réunion.
Depuis quelque temps, nombreuses sont les hypothèses qui annoncent une éventuelle fermeture des filières dans le Sud. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que les filières lettres modernes, géographie et histoire sont en réel danger sur le campus du Tampon. Ces filières, ouvertes il y a quelques années, ont permis aux étudiants du Sud d’étudier sur place, sans mobilité forcée dans le Nord, du moins pour les deux premières années de licence. Ce campus Sud, en plein développement, était amené dans quelques années à devenir un campus avec davantage d’offres de formation. L’université de La Réunion a décidé d’y mettre fin.
Tout d’abord, cette suppression amène son lot de doutes et de tensions dans le monde de l’université. Les étudiants sont dans le flou complet au moment où ils doivent préparer leur inscription et demande de bourse. L’université se doit d’être aussi transparente que possible vis-à-vis des étudiants et surtout pour ce type d’information capitale pour l’étudiant qui souhaite s’inscrire ou poursuivre son cursus.
Les conséquences sur le train de vie de l’étudiant du Sud seront nombreuses. Ces étudiants devront penser à se reloger, à trouver les moyens de se procurer un véhicule ou autre moyen de transport pour les déplacements. À cela, s’ajoutent les frais pour se nourrir en dehors du foyer familial. En agissant par fermetures de filière, l’université choisit la sélection par l’argent et limite le droit d’étudier à ceux qui disposent de moyens financiers suffisants pour répondre à ces nouvelles dépenses.
Cette volonté à tendre vers la suppression des filières pour répondre à une logique budgétaire, ou en le justifiant par la réduction du budget alloué à l’université est inacceptable au vu du principe de l’égalité des chances. Tous étudiants, de tous coins de l’île a le droit d’accéder aux études, sans que cela soit au dépends des moyens financiers de la famille. Aucun étudiant ne peut aujourd’hui être pénalisé pour servir des logiques de rentabilité.
Il est scandaleux de demander à un service public d’être rentable, la rentabilité du service public est et doit resté une rentabilité sociale.
Cette volonté de suppression de plusieurs filières dans le Sud marque le début de nombreuses décisions allant dans le sens de la destruction de notre université à La Réunion. La filière allemand tend également à disparaître. La réduction de budget des universités s’accompagne d’une répartition inégale de l’enveloppe budgétaire. L’université campe sur sa logique de favoriser les filières d’excellence en pénalisant une grande partie des étudiants. Une grande part du budget sera consacrée à l’ouverture de la L3 médecine dans le Sud. Certes, l’UNEF Réunion se réjouit de cette avancée pour les étudiants, qui ne seront plus contraints à la mobilité forcée. Cependant ce traitement inégal entre filières instaure une concurrence déloyale entre les étudiants, dévalorise les diplômes, entrave fortement l’égalité des chances et remet en question tout un pan de la recherche et du développement des connaissances et des savoirs en lettres et sciences humaines à l’université de La Réunion.
L’UNEF s’indigne contre la casse de la faculté des lettres et sciences humaines et plus particulièrement de la suppression des filières sur le campus du Tampon, qui est un campus en pleine croissance et en plein développement.
L’UNEF est déterminée à conserver les acquis des années passées, qui sont des droits que l’on ne peut pas enlever aux étudiants, après leur en avoir laissé bénéficier pendant plusieurs années.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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