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Entre 6.000 et 8.000 manifestants anti-CPE entre le Nord, l’Est et le Sud de l’île
5 avril 2006

Les syndicats ont réussi leur pari. L’appel à manifester contre le CPE a été entendu. Ils étaient entre 6.000 et 8.000 hier, à Saint-Pierre, à Saint-Denis ou encore dans l’Est à scander des slogans antigouvernementaux, à exiger le retrait de la loi.
Ivan Hoareau affiche sa mine des beaux jours. Le secrétaire général de la CGTR, l’un des principaux syndicats à avoir appelé à manifester contre le CPE (Contrat première embauche), n’hésite d’ailleurs pas à parler de "manifestation réussie". "Nous sommes près de 4.000 ici à Saint-Denis. Ils sont autant à Saint-Pierre. Avec les rassemblements spontanés dans l’Est et l’Ouest, nous devons êtres près de 10.000 aujourd’hui à être descendus dans la rue et à demander le retrait du CPE".
Parti du Jardin de l’État, le cortège s’étirait sur une grande partie de la rue de Paris. Des étudiants, puis des lycéens s’étaient joints au mouvement. "On n’en peut plus d’un système où les jeunes n’ont plus d’avenir. Ce gouvernement doit démissionner", lance Yannick, un des représentants des étudiants. Pour Émilie, lycéenne, "les jeunes doivent rester dans la rue tant que le CPE n’est pas abrogé".
Au cri de "CPE, on n’en veut pas" ou encore "CPE à la poubelle", le cortège s’est donc rendu jusqu’au jardin de la Préfecture au rythme de la musique techno pour les jeunes, du maloya pour les plus anciens ou encore des tambours des militants Cégétistes... Après le député-maire de Saint-Denis, c’est le préfet Laurent Cayrel qui a eu droit à une reprise en chœur de l’Internationale sous ses fenêtres, avant que les différents leaders syndicaux ne prennent la parole.
"Chirac et le gouvernement sont aux abois", croit savoir Ivan Hoareau qui en veut pour preuve les "tergiversations" du président de la République. "Il a été obligé d’écouter la rue. C’est la preuve que la mobilisation sociale marche", souligne encore le secrétaire général de la CGTR appelant tout de même à la vigilance. "Le gouvernement s’est coupé de la jeunesse. Il faut continuer à se mobiliser", lance-t-il s’adressant aux jeunes. "C’est à zot de faire zot avenir. Le not lé fé. Bien ou mal".
Une idée accentuée par la CFDT. "Avec le Contrat première embauche, c’est zot avenir que lé en danger. Si zot y batay pas, zot va reste à terre". Pour le secrétaire général de la CFTC, la mobilisation doit se poursuivre "pour la prochaine étape" contre le CPE. À Force ouvrière, on évoquait hier la "légitime défense" des jeunes. "Ils sont attaqués. C’est logique qu’ils soient présents aujourd’hui. La mobilisation doit tenir jusqu’à l’abrogation de cette loi inique et aussi de toutes les lois qui placent le travailleur dans une situation de précarité".
Sur les cris “retrait du CPE”, les manifestants se sont dispersés peu après 12 heures. Sans le moindre incident.
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