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Manifestations en France
20 octobre 2010, par

La grève qui gagne le secteur pétrolier fait planer la menace d’une crise industrielle. Plus que jamais, le gouvernement est face à ses responsabilités.
Pour la 6ème fois, une vague citoyenne a déferlé dans les rues des grandes villes contre la réforme des retraites imposée par le tandem Woerth-Sarkozy, sur fond de scandales à répétition et de crise de régime rampante.
L’acharnement et la mauvaise foi ont été érigés au rang de politique par l’exécutif, qui refuse d’admettre une vérité pourtant évidente : le peuple de France ne veut pas de l’allongement de la durée de cotisation que tente d’imposer un gouvernement en perte de vitesse accélérée. Il est donc le seul responsable de la « radicalisation » tant décriée du mouvement social, qui s’étend désormais au secteur stratégique des carburants et de leur distribution.
La grève s’étend aux carburants
Vendredi dernier, on comptait déjà 12 raffineries en grève. Une mobilisation d’une ampleur inconnue dans cette industrie depuis 1968, que le gouvernement s’est employé à minorer, affirmant qu’il « n’y aurait pas de pénurie ». En réalité, l’alimentation en carburant fonctionnait déjà sur les stocks au moment de cette déclaration officielle. Sur le terrain, l’exécutif a répondu à la mobilisation par des atteintes caractérisées au droit de grève, en ordonnant la « réquisition » des travailleurs.
Pressions illégales
Dimanche dernier, des employés d’une raffinerie de Seine et Marne, propriété du Groupe Total, ont reçu l’ordre de reprendre le travail, sous la menace, semble-t-il, d’une peine de 5 ans de prison. Des mesures évidemment illégales : en effet, si la loi permet des réquisitions partielles dans les services publics, de telles pratiques sont illégales dans les branches de droit privé, rappelait hier un communiqué de la CGT. La violence d’État n’est pas parvenue à entamer la combativité des travailleurs. Hier, la plupart des raffineries ont reconduit la grève.
Pénurie dans les stations d’essence
En aval, les stations-services sont de plus en plus nombreuses à fermer leurs portes, par manque de carburant. Samedi, la pénurie concernait plus d’un millier de points de distribution dans l’Hexagone. Hier, on comptait 2.500 stations à sec, sur les 12.000 que compte la France continentale.
Vers une crise de la production ?
Face aux progrès du mouvement, le gouvernement préfère recourir à des mesures illégales telles que les réquisitions dans les raffineries, à la langue de bois — tout va bien, il n’y a pas de pénurie —… ou à une inflexibilité qui ne fait qu’attiser le rapport de forces. Ainsi, le Premier ministre François Fillon annonçait le 13 octobre dernier qu’il ne ferait plus de concessions. Dimanche, Nicolas Sarkozy a renchéri, assurant que la réforme des retraites était « essentielle » et « serait mise en œuvre ». Par ce refus réitéré du dialogue social, le gouvernement prend le risque d’une crise économique majeure. Selon la CGPME, une pénurie prolongée mènerait à des arrêts de production, catastrophiques pour l’économie. Le pouvoir en porterait l’entière responsabilité.
Geoffroy Géraud-Legros
La Région Réunion prend le risque d’une grave irrégularité, au profit de Mobius
“Témoignages” annonçait hier l’examen, par la Commission permanente de la Région, d’une demande d’aide à l’emploi en faveur de la société Mobius, dirigée par M. Yann de Prince. Problème : au regard des textes en vigueur, Mobius n’y était pas éligible, ayant procédé à des licenciements dans les 12 mois précédents. Une incompatibilité d’ailleurs soulignée par le service instructeur du dossier, qui concluait à « l’inéligibilité » de la requête.
Malgré cela, la Direction de la Région a préféré passer en force, prenant le risque d’une irrégularité. Nous y reviendrons.
G.G-L
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