Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Fête des travailleurs et des travailleuses, avec ou sans emploi
29 avril 2005

Le Mouvement des travailleurs krétiens réunionnais nous a fait parvenir un communiqué du mouvement mondial des travailleurs chrétiens auquel il est affilié. Il lance un appel à la manifestation le 1er mai afin de rassembler un maximum de personnes.
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Plus d’un milliard d’êtres humains vivent avec moins d’un dollar américain par jour, et 2,7 milliards d’autres personnes luttent pour survivre avec moins de deux dollars par jour. À La Réunion, on compte environ 75.000 bénéficiaires de RMI. Plus de 880 millions de personnes, parmi lesquelles 300 millions d’enfants, vont chaque jour au lit le ventre creux. Chaque année, plus de six millions d’enfants meurent de maladies curables ou évitables telles que la malaria, la diarrhée ou la pneumonie.
Dans plusieurs régions d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, la pauvreté et son cortège de carences (manque d’eau potable, déboisement, chômage, manque de services médicaux appropriés...) entraînent de grandes menaces pour la vie.
Les membres du Mouvement mondial des travailleurs chrétiens (MMTC) sont convaincus que c’est la solidarité internationale - et non le libre-échange ! - qui pourra aider les pays appauvris à combattre ces fléaux.
Dans notre île, si on supprimait les aides sociales, un quart des ménages réunionnais se trouveraient en dessous du seuil relatif de pauvreté, contre 10% actuellement (Source Insee 2004). Ces chiffres nous montrent l’importance de la solidarité.
Or les grandes puissances économiques essaient d’imposer le libre-échange au reste du monde, parce qu’elles tirent des avantages importants de ce système. Le libre-échange permet aux grandes puissances de conserver une position privilégiée en matière d’économie, de recherche, de commerce et de développement.
Les États industriels du G8 imposent de nombreux obstacles aux pays du Tiers-Monde qui voudraient vendre leurs produits sur les marchés intérieurs des pays riches. Mais ces mêmes pays riches utilisent leur influence au sein de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et de l’Organisation mondiale du commerce pour exiger que les pays appauvris ouvrent leurs frontières aux produits des pays industrialisés.
De plus, le système économique actuel cherche à créer une concurrence entre les travailleurs, en leur imposant des réductions de salaires et des conditions de travail qui se dégradent. Localement, certains chefs d’entreprise profitent du manque d’emploi pour faire pression sur les demandeurs d’emploi afin qu’ils acceptent des sous-rémunérations. "Si ou lé pa contan, nana dotre y atten déor" !
En d’autres termes, les grandes puissances veulent fixer les règles du jeu économique à leur avantage. Et après avoir imposé la libéralisation du commerce des produits, elles s’attaquent maintenant aux finances et aux services, y compris la santé, l’enseignement et l’eau. Il s’agit d’un projet très dangereux, car si ces services vitaux sont privatisés, seules les personnes qui pourront les payer en bénéficieront. Le MMTC s’oppose à cette perspective, car chaque personne a le droit d’avoir accès à l’eau, à la santé et à l’enseignement. On ne peut pas considérer qu’il s’agit là de simples marchandises !
Nous ne pouvons pas accepter qu’un petit groupe de pays en Europe de l’Ouest, en Amérique du Nord et en Asie de l’Est continuent à prospérer, tandis que le reste du monde s’enfonce toujours plus dans la spirale de la dette et de la misère. Ce n’est pas humain !
Nous voulons réaffirmer que le monde a besoin de générosité et de solidarité. Il est nécessaire d’octroyer de l’aide, mais cela ne suffira pas. Il faut aussi favoriser la justice sociale et la solidarité globale, plutôt que la crainte, la méfiance, l’hostilité, la concurrence, les rivalités et l’exploitation capitaliste.
L’annulation des dettes impayables est essentielle, mais si on ne réforme pas les règles du commerce mondial, de nouvelles dettes viendront très rapidement remplacer les anciennes.
Comme beaucoup d’autres organisations, le MMTC est convaincu qu’un autre monde est possible. Pour poursuivre sa construction, il faut refuser le système qui oppose les travailleurs entre eux. Il faut réduire le pouvoir du capital et encourager la coopération internationale ainsi que le développement de la solidarité à tous les niveaux.
Au moment où, dans le monde entier, les travailleurs et les travailleuses célèbrent la solidarité qui les unit, le MMTC est de tout cœur avec chacun d’eux, indépendamment de leur couleur, de leur race ou de leur religion. Nous partageons l’espoir d’un monde plus juste et, ensemble, nous exigeons un travail décent pour tous. Car c’est une condition incontournable pour l’élimination de la pauvreté et pour que chaque être humain puisse grandir et s’épanouir dans la dignité.
Une société nouvelle est possible. Nous la construirons tous ensemble !
Le Conseil Exécutif du MMTC
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