Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Révoltes contre la précarité à La Réunion
27 février 2012

Face à la situation de violence que connaît notre île depuis quelques jours, dans un communiqué, le maire de Saint-Louis, Jean-Claude Hoarau, « demande le retour au calme, et invite tous ceux qui se sont engagés à la recherche de solutions, afin de répondre à leurs revendications ».
Depuis plusieurs jours, la mobilisation du peuple réunionnais dépasse le cadre des manifestations contre le prix des carburants. Elle concentre aujourd’hui la colère légitime des Réunionnaises et des Réunionnais contre le coût de la vie en général, et plus encore peut-être contre le chômage qui mine notre société et tue notre jeunesse à petit feu. Cette colère s’est exprimée au cours des nuits précédentes, lors de heurts répétés avec les forces de l’ordre. Contrairement à l’image que l’on cherche à en donner, ces révoltes ne sont pas gratuites. Ces révoltes sont des révoltes logiques, d’hommes et de femmes auxquels on ne donne pour perspective que le chômage, la nourriture de mauvaise qualité, la galère dans les transports, le bas de gamme.
A Saint-Louis comme ailleurs, les Réunionnais se battent d’abord parce qu’ils ne veulent pas vivre au rabais. C’est un problème de fond, qui concerne l’ensemble de la société réunionnaise. On ne le règlera pas par les rigueurs de la loi, ni par l’envoi de policiers et de gendarmes, si massif soit-il. La situation d’urgence que les Réunionnais ont signalée en manifestant et en faisant la grève appelle à des solutions à long terme. Mais elle appelle aussi, et avant toute chose, à l’application de mesures d’urgence, destinées à soulager dans l’immédiat l’angoisse et les souffrances.
Ainsi, je regrette profondément le silence qui a entouré la proposition de mon parti, qui consiste à attribuer 200 euros à ceux que la pauvreté frappe le plus durement.
En tant que maire de Saint-Louis, je suis prêt, comme je l’ai toujours été, à m’investir auprès de ceux qui souffrent et de ceux qui luttent.
J’irai donc à la rencontre, dans les quartiers, des Saint-Louisiennes et des Saint-Louisiens, et de tous ceux qui se sont manifestés. Mais pour avancer ensemble, il nous faut un calme retrouvé. A l’heure où le pays semble s’apaiser, il ne doit pas être dit que Saint-Louis demeure un foyer isolé d’agitation.
Je demande donc le retour au calme, et invite tous ceux qui se sont engagés à la recherche de solutions, afin de répondre à leurs revendications.
Claude Hoarau,
Maire de Saint-Louis
Courrier des lecteurs
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