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Précarité et inégalité
17 avril 2014, par

A l’heure où les débats s’orientent vers une suppression du Salaire minimum de croissance (SMIC), Pierre Gattaz, le président du Medef a évoqué la création d’un « SMIC jeune », destiné à sous payer un jeune afin de l’insérer dans l’entreprise.
Créé en 1970, le SMIC a souvent été le sujet de tension entre le gouvernement et les jeunes. En 1994, Édouard Balladur propose le contrat d’insertion professionnelle (CIP) prévoyant une rémunération à l’embauche fixée à 80% du salaire minimal. En 1986, Dominique de Villepin propose le contrat première embauche (CPE).
Le 2 avril 2014, Pascal Lamy, l’ex-patron de l’OMC et ancien directeur de cabinet de Jacques Delors à la Commission européenne, a jugé qu’il faut en France « à ce niveau de chômage, aller davantage vers de la flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au SMIC ».
Pierre Gattaz s’est dit favorable lors d’une conférence de presse, à un SMIC intermédiaire. Il s’agirait de mettre en place de manière temporaire « un système permettant la première année » pour « un jeune ou quelqu’un qui ne trouve pas de travail, de rentrer dans l’entreprise de façon transitoire avec un salaire adapté, qui ne serait pas forcément le salaire du SMIC ». Pour ce dernier, le niveau du SMIC (actuellement à 1.445 euros par mois en brut) est un frein pour les personnes éloignées du marché du travail.
Cette déclaration intervient dix jours après la remarque du socialiste Pascal Lamy qui affirmait alors qu’un « petit boulot, c’est mieux que pas de boulot du tout ». Au même moment, les économistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et Élie Cohen ont rencontré François Hollande, afin d’échanger notamment sur la question du SMIC évoqué dans leur livre « Changer de modèle ».
A la sortie de ce déjeuner, Philippe Aghion a indiqué : « J’ai senti le chef de l’État très réceptif. Les sujets ont été évoqués sans tabou et en détail ». Les trois experts auraient proposé au chef de l’État de « geler dans un premier temps le salaire minimum », « d’engager une réforme profonde en remettant en cause sa revalorisation automatique » et d’envisager des SMICS différents selon les régions et l’âge des salariés, a évoqué le journal « Le Figaro ».
Syndicats et politiques ont dénoncé cette proposition, pour Jean-Claude Mailly de Force Ouvrière, « on rentre dans la provocation et l’indécence, c’est inacceptable ». Ce dernier a avertit sur iTélé que si le gouvernement suivait les conseils de Pierre Gattaz, « nous n’hésiterons pas à nous mobiliser avec d’autres organisations ». Partenaire privilégié de l’Etat, la CFDT, par la voix de Laurent Berger, a indiqué que « les mauvaises idées ne sont jamais transitoires », référence au système transitoire évoqué par Pierre Gattaz.
Pour la CFTC, Joseph Thouvenel a évoqué l’opposition totale de son organisation à « toute remise en cause du salaire minimum ». Ce dernier a expliqué à l’Agence France Presse que « celui qui travaille, quel que soit son âge, doit être payé correctement et dignement (...) Et s’il faut baisser des rémunérations, on peut imaginer que les plus hautes rémunérations commencent par montrer l’exemple ».
Au gouvernement, tentative de dédouanement par la ministre des Droits des femmes, chargée également de la Jeunesse, Najat Vallaud-Belkacem a déclaré sur les réseaux sociaux : « SMIC Jeunes : nous y sommes bien sûr fermement opposés. Le sujet de l’emploi des jeunes mérite mieux ».
Pour l’ancienne patronne du Medef, Laurence Parisot, l’attaque est plus virulente. Cette dernière a fustigé son successeur : « Proposer un salaire en dessous du SMIC s’apparente à une logique esclavagiste ». Même idée pour Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de Gauche, qui demande « à quand l’esclavage temporaire ? ».
Céline Tabou
Baisse de l’aide de la France aux communes qui remplacent les fonctionnaires par des emplois précaires sous-payés
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Messages
17 avril 2014, 06:14, par frufri
L esclavagisme existe déjà dans les entreprises..les personnes travaillent souvent en sous effectifs et doivent faire le travail de deux personnes... elles sont elles mêmes contraintes a effectuer des taches relevant des qualifications supérieures sans augmentation de salaire.. ce sont aux personnes gagnant 5000euros par mois de baisser leur salaire qui n est souvent pas justifie pour le peu qui ils font..etc..nous sommes dans un pays évolués ..on ne vas pas regresser