Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Après une rencontre entre l’Intersyndicale et la direction hier
7 avril 2004

Depuis maintenant presqu’une semaine, le drapeau de la SIDR (Société immobilière du Département de La Réunion), qui d’ordinaire flotte, rue Félix Guyon, reste en berne. En effet, 80% du personnel de la SIDR ont planté le piquet de grève pour faire savoir leurs mécontentements et faire aboutir ses revendications.
Suite à une réunion de l’Intersyndicale le 27 mars dernier, plusieurs revendications ont été formulées par le personnel de la société immobilière : notamment la revalorisation des salaires, une meilleure politique de management, et surtout la séparation entre le politique et l’exécutif au sein de l’établissement. L’Intersyndicale (CGTR, CFDT, CFTC, CGT-FO, FCE, CGC) rencontrait hier la direction devant le siège de la société à Saint-Denis, pour exprimer ses attentes.
Hier, au sortir de la table des négociations, la direction a suivi presque toutes les revendications. Et c’est donc avec satisfaction que Pierre Grosset, porte-parole de l’Intersyndicale, annonce les aboutissants de leur action. Les plus retentissantes - au vu des cris de joie des manifestants - tournent autour de la question des salaires. Il ressortait du travail des syndicats et de la détermination des grévistes, une volonté ferme de valoriser leur emploi et leur statut. La direction a décidé de suivre les revendications de son personnel.
"À travail égal, salaire égal", le message est passé. Sur les questions de l’intégration de la prime de suggestion dans les salaires de base, de la reconnaissance spécifique d’un statut d’ouvrier polyvalent à la SIDR, du déblocage des personnes en fin de grille par une évolution de carrière, et du reclassement des ouvriers catégorie 5 dans la grille des salaires, direction et Intersyndicale s’étaient entendues.
La SIDR avait missionné une société privée (Deloitte & Touch) pour un audit sur la réorganisation des services internes de la société immobilière. Jusqu’à présent, aucun résultat n’était parvenu aux principaux concernés, quand bien même il s’agirait de la suppression de quelque 200 emplois (selon les chiffres du personnel de gérance). La direction se serait engagée à communiquer les informations officielles sur les conclusions de l’audit.
Parmi les attentes du personnel gréviste revenait l’incompatibilité avec le directeur de la gestion locative, qui utiliserait "des techniques honteuses et absurdes envers son personnel (chantage, intimidation, pression, licenciements, etc.), comme un véritable “harceleur”". Selon les dires du personnel de gérance, c’est en véritable dictateur qu’il dirigerait son service, cela au point de rendre son vis-à-vis malade.
Le personnel remet en cause la politique managériale de la SIDR. Coup de théâtre à ce sujet - et la nouvelle sera vivement applaudie par le personnel gréviste - : le directeur sera suspendu provisoirement. La direction générale statuera sur sa responsabilité, après communication de l’enquête. Pour statuer sur les questions de harcèlement, une commission neutre sera nommée dans le cadre d’enquêtes, sans possibilité de sanctions. C’est un médiateur extérieur qui assurera la tenue de cette commission.
"Toutes décisions prises à l’encontre d’un salarié gréviste fera l’objet d’une procédure, selon les termes du code du travail", affirmait le porte-parole de l’Intersyndicale, tout en affirmant que le personnel n’hésitera pas à descendre à nouveau dans la rue, si l’accord restait au rang des promesses.
Un des axes intéressants des revendications placées sur la table des négociations est le refus catégorique de voir une société immobilière se politiser. Un nom revient souvent : Jacques Morel, qui fait partie du Conseil d’administration, par ailleurs 1er adjoint du maire de Saint-Denis, encarté à l’UMP.
Le personnel est exaspéré par les abus, notamment dans sa conception de l’embauche, du travail dûment gagné, de l’attribution des salaires.
Plus que cela, c’est de savoir la véritable influence d’un politique sur une société immobilière. Une salariée suggérait même le contrôle d’un commissaire aux comptes, en contre-expertise.
En cours d’après-midi, il ne restait plus qu’un point à traiter sur les 17 revendications formulées. Celui de l’augmentation salariale annuelle en rapport avec les résultats de la société. C’est un dossier bien épineux, quand on sait le nombre de Réunionnais concernés par ce parc locatif, vieux de 55 ans.
Bbj
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