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4 juin, parNos peines
Augmentation des prix
16 septembre 2009, par

Alors que les conclusions de l’Autorité de la concurrence évoque un système où rien ne permet de vérifier le montant de la facture présentée par les pétroliers, le préfet décide d’augmenter le prix des carburants le jour où le ’JIR’ et le ’Quotidien’ publient une page de publicité payée par l’État pour justifier cette décision.
« Je peux vous affirmer dès aujourd’hui que les prix des carburants baisseront de nouveau en février et que je mettrais tout en œuvre pour que La Réunion soit à nouveau le DOM le mieux loti », en janvier dernier, le "JIR" publiait sur deux pages une interview du préfet dans laquelle ce dernier précisait la chaine des responsabilités dans la fixation des prix des carburants. Revenant sur les événements de novembre, il expliquait qu’il avait « mis la pression sur les pétroliers », ce qui donc montrait bien qui décide.
Bien avant la révision du mois de février, le représentant de l’État savait donc déjà qu’il allait baisser les prix.
Hier, l’État s’est exprimé dans une pleine page de publicité achetée au "JIR" et au "Quotidien" pour justifier la décision d’augmenter le prix du gaz et des carburants.
Il explique que « depuis plusieurs semaines, l’État possède ces analyses et les propositions » sur la base desquelles son représentant décide, après avoir présenté « analyses » et « propositions » à l’Observatoire des prix et des revenus.
Or, une analyse de l’Autorité de la concurrence, datée de fin juin, écrit ceci : « La fixation du prix de détail des carburants routiers doit prendre en compte le prix d’achat des produits qui varie en permanence sur les marchés mondiaux. Il s’agit donc du segment a priori le plus difficile pour l’État régulateur puisque les prix varient en permanence sur les marchés mondiaux et que l’administration est démunie face à l’absence totale de transparence sur les coûts d’achat réels ». En deux mots, l’administration ne peut pas vérifier si la facture des pétroliers est juste. Dans quelle mesure a-t-il été tenu compte de cette analyse ?
On voit que les conclusions transmises à l’Observatoire des prix et des revenus font quant à elles état de la proposition d’une nouvelle formule de calcul du prix, sans que soient précisés les moyens dégagés par l’administration pour mettre fin à « l’absence totale de transparence sur les coûts d’achat réels ». Elles ne touchent donc qu’une modification à la marge et ne proposent pas de tout remettre à plat. Or, dans tout l’Outre-mer se sont déroulés des États généraux dont l’objectif est précisément de recueillir les propositions d’un maximum de personnes pour reconstruire un nouveau modèle. Cette reconstruction ne peut pas ce concevoir sans la remise en cause de la filière des carburants, car du fait de l’absence d’alternative, tous les transports s’effectuent avec des véhicules qui brûlent du carburant.
C’est au mois d’octobre que doit se tenir un Conseil interministériel qui doit être le temps de la décision sur la base des conclusions des États généraux. Alors pourquoi décider d’augmenter les prix alors que la nécessaire remise à plat n’a encore pas eu lieu ?
M.M.
Nos peines
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