Luttes sociales

Le rôle important de la franc-maçonnerie dans la création des syndicats

50e anniversaire de la création de la CGTR

Manuel Marchal / 11 juin 2018

Mario Serviable a présenté un exposé sur le rôle de la franc-maçonnerie dans le syndicalisme à La Réunion.

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Mario Serviable.

Il commença son propos par un parallèle entre les histoires d’Edmond Albius et Jean-Baptiste Lislet-Geoffroy. Le premier inventa le procédé de fécondation de la vanille et mourut dans la pauvreté, après avoir purgé une peine de 5 ans de prison parce qu’il avait volé pour se nourrir. Le second eut une renommée internationale. Selon Mario Serviable, cette différence de traitement est liée à un fait : Jean-Baptiste Lislet Geoffroy était franc-maçon, pas Edmond Albius. Ce mouvement philosophique et philanthropique s’est implanté en 1777 à La Réunion, où il constitua la « première présence intellectuelle ». En 1816 fut fondée la Loge de l’Amitié qui existe encore de nos jours.

Quand le 14 octobre 1848 Sarda Garriga débarque à La Réunion pour annoncer la fin de l’esclavage, aucune autorité ne veut le recevoir. Il est accueilli par un franc-maçon.
Mario Serviable souligne que tout le débat sur la départementalisation de La Réunion s’est déroulé depuis 1895 dans la Loge de l’Amitié. Cette loge a oeuvré pour organiser les travailleurs.
Henri Vavasseur, père du syndicalisme à La Réunion, était franc-maçon. En 1912, il regroupe des travailleurs de Saint-Paul, ils déposent ensuite les statuts du syndicat à la préfecture avant de se rendre à la Loge de l’Amitié.

La Réunion des années 1930 est une terre propice aux luttes progressistes. Sur 45000 salariés, 10000 sont syndiqués. La guerre signifie également la répression contre les francs maçons, menée par le gouverneur Pierre Aubert. D’où la demande au maire de Saint-Denis d’un chef d’établissement scolaire, relayée par Mario Serviable, de débaptiser la rue Pierre Aubert pour lui donner le nom de Simon Lucas, un instituteur renvoyé du jour au lendemain parce qu’il était franc-maçon.
Mario Serviable note que le 50e anniversaire de la CGTR coincide avec le 200e de la naissance de Karl Marx, penseur des inégalités.
« Le capitalisme semble immuable, c’est pour cela que le combat doit continuer contre tous les pouvoirs qui empêchent la dignité de l’homme », conclut Mario Serviable.