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Précarité sociale
13 août 2005

"Comme les sanctions sont moins lourdes qu’avant, les Directions départementales du travail auront moins de scrupules à suivre", craint Philippe Sabater, du SNU-ANPE (FSU) à propos de l’application du décret du gouvernement sur le contrôle des chômeurs.
Le syndicat dénonce un "traitement statistique du chômage, par multiplication des radiations et des sanctions. On va s’en prendre au porte-monnaie des chômeurs en retirant un pourcentage de leur allocation. Ces sanctions paraîtront moins graves que la suppression totale d’autrefois, donc on sera moins regardant sur la justification".
"Les chômeurs vont être soumis à un radar permanent automatique", déplore Martin Joao, du SNU-ANPE. "On nous parle de centaines de milliers d’offres d’emploi non satisfaites, mais c’est du pipeau. La réalité, c’est que les patrons n’embauchent pas, et à côté de ça, on demande aux chômeurs de prouver leur recherche effective d’emploi. Certaines régions sont de vrais déserts industriels, il n’y a aucun emploi. Les chômeurs devront écrire dix fois la même lettre de motivation aux mêmes entreprises pour prouver leur recherche ? On va imposer à des gens des boulots dans le bâtiment alors qu’ils ont la gale du ciment ? De plus en plus, mon métier va se résumer à dire aux chômeurs de faire attention aux contrôles".
An plis ke sa
o "Des mesures anti-sociales d’un autre âge"
Réagissant à la publication d’un décret modifiant le mode de contrôle et de sanction des demandeurs d’emploi, la CGT chômeurs dénonce dans un communiqué la mise en place d’une "véritable police des chômeurs". Le gouvernement "met en place l’arsenal répressif qui doit permettre d’exclure de l’assurance chômage un nombre important de demandeurs d’emploi".
Elle appelle "immédiatement à une mobilisation forte des privés d’emploi pour empêcher ces mesures anti-sociales d’un autre âge", sans préciser la nature de cette mobilisation.
o "Une argumentation populiste"
Pour Philippe Villechalane, porte-parole d’APEIS, ce nouveau contrôle des chômeurs démontre "une argumentation populiste" du gouvernement qui masque "le fait réel qu’il y a de plus en plus de difficultés dans l’emploi, que les salaires ne sont pas au niveau et que les conditions de travail ne cessent de se dégrader".
o La CGPME et le C.N.E.
Dans un communiqué, la Confédération générale des petites et moyennes entreprises déclare : "(...)Le Contrat Nouvelles Embauches répond sans aucun doute aux besoins de souplesse des entreprises, tout en apportant des garanties particulières aux salariés.
La période d’adaptation professionnelle de 24 mois, au cours de laquelle le contrat pourra être rompu sans avoir à justifier d’un motif susceptible d’être contesté devant les tribunaux, offrira davantage de souplesse et une relative sécurité juridique aux employeurs. (...)"
Intermittents : moins d’indemnisés
La réforme du régime d’assurance-chômage a entraîné l’exclusion du système de 8% des artistes et techniciens en 2004.
Selon une étude du ministère de l’Emploi, le nombre de demandeurs d’emploi des métiers du spectacle ayant droit à une indemnisation de l’UNEDIC a diminué de 8 %, pour atteindre 95.000 en décembre. Au total, 69% des demandeurs d’emploi dans les métiers du spectacle inscrits à l’ANPE ont des droits ouverts dans le régime d’assurance-chômage, contre 76 à son maximum au printemps 2003, note la direction de la recherche du ministère. Les premières inscriptions ont, elles, reculé de 13% en 2003 et de 3% en 2004. D’autre part, les sorties de l’ANPE ont continué de progresser, pour atteindre 5.600 en moyenne mensuelle en 2004.
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