Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Le Collectif emploi en danger au Conseil général
29 septembre 2004

Le Collectif emploi en danger rencontrait hier Alix Séry, proche conseiller de Nassimah Dindar. Le 22 octobre prochain, le Conseil général compte réunir tous les acteurs sociaux, afin de présenter l’adaptation du plan de cohésion sociale pour La Réunion.
Depuis plusieurs mois, le Collectif emploi en danger (CED) réclame inlassablement le maintien du quota des emplois aidés. Force est de constater que sa revendication reste lettre morte.
Même après l’intervention des collectivités locales, le ministère reste campé sur ses positions. Les emplois aidés essuient une baisse sans précédent.
Monica Govindin, membre du CED, explique que "le quota en emplois aidés pour le deuxième semestre 2004 correspond à la moitié de celui du premier semestre. Sachant que celui du premier semestre représente la moitié du quota 2003".
De semestre en semestre donc, le quota baisse jusqu’à sa disparition. Les Contrats d’insertion par l’activité (CIA), emploi solidarité (CES), emploi consolidé (CEC), sommairement étiquetés “revenus d’assistanat”, seront remplacés par des contrats tout aussi précaires (le contrat d’avenir, le contrat d’accompagnement à l’emploi et le contrat d’insertion par le revenu minimum d’activité).
Ce dernier entrera en application dès la fin octobre, au lieu de janvier 2005, comme initialement annoncé. Un danger plane sur les plus démunis, et le CED souhaitait une fois de plus soumettre ses préoccupations aux collectivités locales, dont le Département. Ses responsables rencontraient hier Alix Séry, ancien directeur du travail, aujourd’hui proche conseiller de Nassimah Dindar.
Quant au plan Borloo, le Conseil général se rend bien compte du danger qu’il constitue pour une tranche de la population réunionnaise, et a fait part des retards à rattraper.
Le 22 octobre prochain, le Conseil général compte réunir tous les acteurs sociaux, afin de présenter l’adaptation du plan de cohésion sociale pour La Réunion. Un document sera transmis à tous les participants avant la rencontre. Le CED compte sur la vigilance des élus locaux, syndicats et associations de chômeurs.
Ce qui est flagrant dans le plan Borloo, "c’est le transfert de la précarité dans le secteur marchand", indique Monica Govindin. Rien pourtant ne permet de croire que le secteur marchand pourra à lui seul résoudre le problème du chômage à La Réunion, comme en France.
Même vigilance escomptée pour le dossier des emplois-jeunes qui, n’en déplaise à Brigitte Girardin (ministre de l’Outre-mer), sont bel et bien restés sur le bord du chemin. Face au désengagement de l’État, le CED propose de faire appel à la solidarité européenne, avec le Fonds social européen (FSE).
Alix Séry, conseiller de la présidente du Département, prétend que les crédits FSE octroyés à La Réunion sont tous consommés, ce qui ne correspond pas aux sources préfectorales. Le FSE reste une piste plausible pour l’insertion des quelque 7.000 emplois-jeunes réunionnais.
Selon Monica Govindin, "la pérennisation des emplois-jeunes est par ailleurs possible au travers des grands projets de La Réunion, par exemple le Parc national des Hauts". Le Parc national des Hauts avait émis un avis favorable pour l’intégration de son personnel en situation précaire. Encore faut-il qu’il donne signe de vie après une rencontre "favorable" !
Quant à l’intégration du personnel précaire du Conseil général, un audit a été demandé pour vérifier la capacité de la collectivité locale à y faire face. Question en suspens donc.
Le CED transmettait également sa proposition de charte de créolisation de l’emploi. Le conseiller du département a préféré ne pas émettre d’avis. Un sujet jugé trop épineux, dawar !
Une réunion de travail sera organisée avec les membres du Collectif emploi en danger. Ils feront part de leur proposition (voir notre édition d’hier), et annoncent d’éventuelles actions s’ils ne trouvent pas d’oreilles attentives.
Bbj
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