Luttes sociales

« Le travail n’est pas une marchandise »

Congrès du Centenaire de l’Organisation internationale du travail

Témoignages.re / 12 juin 2019

L’Organisation internationale du travail (OIT), qui fête cette année son centenaire, a ouvert lundi sa conférence annuelle à Genève avec un accent mis sur les profondes transformations en cours dans le monde du travail.

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La 108e session de la Conférence internationale du travail doit durer jusqu’au 21 juin et accueillera des milliers de délégués gouvernementaux, employeurs et travailleurs en provenance des 187 Etats membres. Une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement devraient s’adresser aux délégués pendant la Conférence et le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, est attendu le 21 juin.
« Le défi déterminant de cette conférence vient du fait que le centenaire de l’OIT coïncide avec le processus de transformation du monde du travail le plus profond et le plus révolutionnaire observé par l’Organisation », a déclaré le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder. Une Déclaration sur l’avenir du travail face aux nouveaux défis comme le changement climatique, les nouvelles technologies, le vieillissement de la population et les migrations doit être adoptée.

« Le travail n’est pas une marchandise », a déclaré M. Ryder.
Il a jugé nécessaire l’adoption de cette déclaration axée sur la justice sociale. « Nous le ferons ensemble parce que la pauvreté constitue un danger pour la prospérité du monde entier », a ajouté le chef de l’OIT, « et nous le ferons car le fait qu’un pays ne soit pas en mesure d’adopter des conditions de travail humaines empêche les autres pays qui le souhaitent, de le faire ».
La violence et le harcèlement au travail qui affectent la santé, la sécurité et le bien-être des travailleurs, sera également au centre des discussions cette année. La conférence examinera l’adoption d’une convention accompagnée d’une recommandation sur cet enjeu essentiel.

La Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, Maria Fernanda Espinosa, a également pris la parole lors de la cérémonie d’ouverture à Genève, citant les paroles du premier Directeur général de l’OIT, Albert Thomas, qui avait qualifié l’organisation de « monument pour la paix et la justice sociale ».
Reconnaissant la pertinence de l’OIT pour le multilatéralisme, elle a rappelé l’importance du travail décent pour la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et pour relever des défis tels que le travail des enfants, le travail forcé et l’esclavage moderne.