APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Rapport 2015 de l’OIT
20 mai 2015

Guy Ryder, directeur général de l’OIT, a annoncé, le 18 mai à Genève, lors de la présentation du rapport 2015, qu’il fallait désormais une meilleure prise en compte des formes d’emploi informels et précaires, afin de réduire les inégalités et le niveau de pauvreté dans certains pays.
Dans son rapport 2015, intitulé « Emplois, questions sociales dans le monde », l’organisation des Nations Unies a prit conscience de la nécessité de prendre en compte les emplois informels, qui sont plus courants que les emplois dits « classiques ».
Par le passé, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) faisait l’état de la situation sur des formes d’emploi plus « classiques » telles que le plein-temps, le salarié, et le contrat permanent. Mais ces analyses ne reflétaient pas la réalité de la situation des millions de travailleurs dans le monde.
Le rapport indique que les trois quarts des 84 % de la main d’œuvre mondiale sont employés à titre temporaire ou avec des contrats à durée déterminée. Il s’agit principalement d’emplois informels « souvent sans aucun contrat, comme travailleurs indépendants ou dans des emplois familiaux non rémunérés », note le rapport.
« Jusque-là, la réponse de l’OIT était d’assurer les formes standards de l’emploi. Il ne s’agit pas d’abandonner cette optique, mais d’assurer un traitement égal à tous les travailleurs ne bénéficiant pas de la sécurité et de la protection attachée aux formes dites classiques », a expliqué le directeur de l’OIT.
Pour cet ancien dirigeant de la Confédération syndicale internationale, les emplois informels ne peuvent plus être considérés comme de « seconde catégorie », car « il faut prendre en compte cette nouvelle réalité et adapter les politiques du marché du travail, ainsi que la législation aux diverses formes d’emploi ».
Ainsi, plus de 60 % des travailleurs sont privés de tout contrat de travail et la plupart d’entre eux sont à leur compte ou contribue au travail familial, particulièrement dans les pays en développement. De plus, 42 % des travailleurs salariés travaillent dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée.
Le rapport met en évidence qu’en dépit de l’essor international de l’emploi salarié, celui-ci « ne représente encore que la moitié de l’emploi global, avec de fortes disparités entre les régions ». Par exemple, dans les économies développées et en Europe centrale et du Sud-Est, environ 8 travailleurs sur 10 sont des employés alors qu’en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne le chiffre est plutôt de 2 sur 10.
L’organisation internationale révèle une augmentation de l’emploi à temps partiel entre 2009 et 2013, particulièrement chez les femmes. « Ces nouveaux chiffres révèlent un monde du travail de plus en plus diversifié. Dans certains cas, les formes atypiques de travail peuvent aider les gens à prendre pied sur le marché du travail.
Mais ces tendances émergentes sont aussi le reflet de l’insécurité généralisée qui touche aujourd’hui beaucoup de travailleurs dans le monde », a affirmé Guy Ryder.
Pour ce dernier, « le tournant que nous observons de la relation d’emploi traditionnelle vers des formes d’emploi plus atypiques s’accompagne souvent d’une hausse des inégalités et du taux de pauvreté dans de nombreux pays ».
Pour le directeur de l’OIT, il est à craindre des risques « de perpétuer le cercle vicieux d’une demande globale faible et d’une création d’emplois lente qui caractérisent l’économie mondiale et de nombreux marchés du travail tout au long de la période de l’après-crise ».
Guy Ryder préconise une prise en compte des changements de standards de la part des politiques, afin qu’ils mettent en place des politiques économique et publique adaptées à l’évolution de la situation. « Ce qui veut dire qu’il faut stimuler les possibilités d’investissement pour relancer la création d’emplois et la productivité, tout en garantissant la sécurité d’un revenu adéquat pour toutes les catégories de travailleurs, pas seulement pour ceux qui ont des contrats stables », a estimé ce dernier.
Cette précarité de l’emploi créé également des inégalités de revenu qui « s’aggravent ou demeurent élevées dans la majorité des pays ». D’après l’OIT, cette tendance « amplifie la multiplication des formes atypiques d’emploi, l’accroissement du chômage et l’inactivité. Les écarts de revenus entre travailleurs permanents et travailleurs intérimaires se sont creusés au cours des dix dernières années ».
SaiLin
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