Le résultat d’une étude peut interpeller les Réunionnais, résidents d’un pays africain, La Réunion

Les attentes des jeunes Africains : accéder à un emploi, se former, entreprendre et construire un avenir

17 juillet, par Manuel Marchal

Les résultats de la dernière enquête Afrobarometer, menée dans 38 pays africains en 2024-2025, montrent les préoccupations de la jeunesse de notre continent. L’emploi arrive très largement en tête des priorités, devant l’éducation, la formation professionnelle, l’accès au financement pour entreprendre et les services sociaux. Les jeunes interrogés identifient le manque de formation adaptée et l’absence d’expérience professionnelle comme les principaux freins à l’emploi. Plus de la moitié envisagent également de partir vivre ailleurs pour trouver de meilleures perspectives économiques.

À première vue, La Réunion semble évoluer dans un contexte très différent. Département français, l’île bénéficie d’un système de protection sociale et d’argent public qui n’existent pas dans la plupart des pays africains. Pourtant, les aspirations des jeunes Réunionnais peuvent être comparables à celles de leurs homologues africains.

L’accès à un emploi durable doit constituer leur principale préoccupation. Le chômage des jeunes dépasse le taux de l’intolérable et l’entrée dans la vie active reste difficile, y compris pour les diplômés de toutes origines. Un décalage entre les formations proposées et les besoins des entreprises existe, tandis que les employeurs exigent souvent une première expérience, créant un obstacle souvent insurmontable pour les jeunes qui cherchent à sortir du chômage.

Refus de l’assistance et des discours d’exclusion

La formation professionnelle est un levier essentiel. En Afrique, les jeunes attendent des parcours plus professionnalisants, davantage d’alternance et des formations adaptées aux secteurs d’avenir. Ils expriment également un intérêt croissant pour l’entrepreneuriat, mais soulignent les difficultés d’accès au financement et à l’accompagnement.
Ces tésultats vont à l’encontre de certains préjugés. Ils montrent que les jeunes qui vivent en Afrique aspirent d’abord à travailler, à acquérir des compétences et à construire leur autonomie. Ils ne réclament pas des dispositifs d’assistance, mais des moyens leur permettant de vivre de leur travail.
Les résultats d’Afrobarometer mettent également en évidence une autre réalité : les difficultés économiques ne conduisent pas les jeunes à désigner les populations les plus qualifiées ou les plus compétentes comme responsables de leur situation. Leur priorité est la création d’emplois, le développement des compétences, l’investissement dans l’éducation et l’ouverture de nouvelles perspectives économiques. Autrement dit, ils attendent des politiques de développement plutôt que des réponses fondées sur l’exclusion.

L’émigration perçue comme une nécessité

Enfin, l’émigration est souvent perçue comme une nécessité. Si les jeunes Africains envisagent de quitter leur pays pour améliorer leur avenir, les jeunes Réunionnais regardent principalement vers la France et pas assez vers leur région afin de poursuivre leurs études ou d’accéder à des emplois correspondant à leurs qualifications.
Les aspirations convergent : accéder à un emploi, se former, entreprendre et construire un avenir. Un message qui rappelle que les attentes de la jeunesse se nourrissent avant tout de respect du droit au travail, bien plus que d’assistance ou de discours de rejet.

M.M.

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