Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Mobilisation aujourd’hui devant le rectorat à 15 heures 30
12 mai 2004

Hier, devant le collège Hippolyte Foucque de Sainte-Suzanne, des aides éducateurs ont dénoncé la mise à l’écart volontaire des principaux initiateurs - c’est-à-dire les emplois-jeunes eux-mêmes - d’une réunion sur l’attribution des postes d’assistants d’éducation. Cette réunion, regroupant les collectivités locales, l’Association des maires de La Réunion et le recteur de l’académie, doit se tenir aujourd’hui à partir de 16 heures 30 au rectorat. D’où l’appel des aides-éducateurs à manifester cet après-midi devant le rectorat, avec le soutien du Collectif Emplois en Danger.
Les emplois-jeunes déplorent qu’ils soient tenus à l’écart de la réunion organisée cet après-midi sur leur problème et à leur demande avec l’appui de la députée Huguette Bello. Ils s’indignent de cette insulte qui leur est faite. C’est pourquoi ils entendent le faire savoir avec force aujourd’hui à 15 heures 30, devant le "baro" du rectorat. Ils souhaitent sortir une fois pour toutes de l’impasse sociale dans laquelle ils se trouvent.
Pour Monica Govindin, "on dénigre les emplois jeunes. Il faut croire que l’avenir de la jeunesse réunionnaise importe peu" aux ténors du gouvernement. Elle rappelle qu’il relève de la responsabilité de l’État de trouver une solution pérenne à la situation actuelle des emplois jeunes, qui arrivent à la fin de leur contrat dans les prochains mois.
Pour l’heure, il importe que les principaux concernés - à plus forte raison s’ils sont au cœur de la programmation d’une réunion technique traitant de leur avenir proche - y soient conviés.
Sabrina Bourly (27 ans), ancien emploi jeune, témoigne de l’offense faite à leur encontre : "mon kontra lé déjà terminé depui le 6 avril. Moin la déjà pozé le problèm o kolèktivité lokal, o rèktora. Té i di bann z’emploi zèn té prioritèr pou bann post z’asistan d’édukasion". "Demin, nana inn réunion à 16 zèr 30 avèk le Konsèy jénéral, le Konsèy réjional, lasosiasion bann mèr, èk le réktèr. Nou lété a l’inisiativ de sèt réunion-la. Nou lé mèm pa invité, mèm pa la député Huguette Bello", proteste Sabrina Bourly. Elle poursuit : "Zot i vé resevoir okinn délégasion d’emploi zèn. Demin, nou apèl a inn grann mobilizasion, à 15 zèr 30 devan le rèktora".
Pour ces acteurs incontournables de l’Éducation nationale, il n’est pas logique que le travail qu’ils ont effectué durant 5 ans ne soit pas reconnu. "Moin la fé in travay util (surveillance, aide aux devoirs, initiation à l’informatique, gestion des absences). L’Éducation nationale la bezoin de surveyan. Kan nou regarde le Kolèj Hippolyte Foucque de Sainte-Suzanne, nana 1.100 koléjiens pou rienk 2 z’aid édukatèr, i amont bien ke la bezoin de personèl. Tou lé z’aid édukatèr i doi èt sistématik’man repri su bann post d’asistan d’édukasion", déclare Sylvie Cojondévélou, qui par ailleurs désapprouve l’embauche de personnes arrivant sur l’île, employées sans véritable constitution de dossier.
Et puis, s’ajoute à cette non reconnaissance de leur efficacité et de l’utilité de leur mission, la précarisation de leur niveau de vie. Sylvie Adam-Yamps, 29 ans, mariée, 4 enfants, exerçait au Lycée Jean Perrin de Saint-André en tant qu’aide éducatrice chargée de la prévention de la délinquance et de l’incivisme. Depuis le 5 avril, elle se retrouve au chômage. Après l’investissement dans des tâches difficiles, elle trouve dommage que des jeunes désirant travaillés soient purement et simplement évincés de la table des négociations. Pour le mois d’avril, son indemnisation chômage s’élevait à 450 euros, après retrait des jours de carence. Avec le maigre revenu de son conjoint, elle reconnaît qu’"avèk 4 marmay, i viv difisilman. Se moi-si, moin la toush 450 euros. Moin na krédi komm toulmonn".
Aujourd’hui, à 15 heures 30, le Collectif emplois en danger attend une mobilisation massive de tous les emplois jeunes devant le rectorat pour faire entendre les revendications, et défendre le droit au travail. "Non au manque de reconnaissance. Oui, à la pérennisation de leur mission". À quand une solution pour ces acteurs de l’éducation de nos enfants de La Réunion ?
Bbj
Le M.C.P. : "Contre toutes formes d’injustice"
Jean-Hugues Ratenon, président du Mouvement chômeurs panonnais, apporte son soutien à ces jeunes bientôt au chômage : "Le MCP a rencontré [hier] un groupe d’aides éducatrices de Sainte-Suzanne. Soucieuses de leur avenir, elles m’ont fait part de leurs préoccupations et surtout de leur étonnement du refus de leur participation à la rencontre d’[aujourd’hui], entre les responsables des collectivités et le Rectorat.
Le MCP dénonce cette manœuvre qui fait craindre le pire quant aux résultats de cette rencontre. Le Mouvement chômeur panonnais demande :
- à ce que l’accord de transformation des postes d’aides éducateurs en assistant d’éducation soit respecté,
- la participation des premiers intéressés à la réunion d’[aujourd’hui] à 16 heures 30 au rectorat.
Le MCP soutient toutes initiatives contre toutes formes d’injustice".
Le SNES-FSU : "Pour les aides-éducateurs, des besoins existent"
Dominique Lucas, secrétaire académique du SNES-FSU, a adressé hier un communiqué à la presse pour soutenir la mobilisation des emplois jeunes aujourd’hui devant le rectorat : "Aujourd’hui, bon nombre d’établissements scolaires sont au bord de l’asphyxie par manque de personnel. C’est le moment choisi par le gouvernement pour réduire le nombre de personnels, en diminuant les postes aux concours de recrutement, et pour licencier les aides éducateurs titulaires d’un contrat emploi jeune.
Les aides éducateurs ont depuis longtemps démontré leur utilité dans les écoles, collèges et lycées. Leur départ des établissements ne sera pas compensé auprès des élèves. Leur inquiétude quand aux conditions et possibilités de réemploi par les établissements est légitime. Le SNES apporte son total soutien à leurs revendications et sera à leurs côtés [aujourd’hui] à 16 heures 30 devant le rectorat".
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