Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Manifestation devant le Rectorat
16 décembre 2011

À l’appel de l’intersyndicale (FSU, UNSA, SUD, SAIPER, SGEN-CFDT, FEP-CFDT, CGTR Éduc’Action, FO), près d’une centaine de personnels de l’Éducation nationale s’est rassemblée devant les grilles du Rectorat en fin de matinée hier. Ils ont protesté contre le projet de réforme de l’évaluation des enseignants. Une mesure dont ils réclament le retrait. Environ 30% du personnel du premier degré et du secondaire était mobilisé. Le mouvement est national.
Parapluie en main, pluie oblige, ils étaient près d’une centaine de personnels de l’Éducation nationale à manifester devant les grilles du Rectorat. Après avoir défilé de l’université, où une assemblée générale s’est tenue en début de matinée, les manifestants ont fait entendre leur indignation contre le projet de réforme de l’évaluation des enseignants et ont réclamé son retrait.
En effet, le texte de loi, qui met le feu aux poudres, prévoit que les chefs d’établissement, contrairement aux inspecteurs pédagogiques actuellement, évaluent tous les trois ans lors d’un entretien les professeurs des collèges et lycées. Un entretien qui déterminera ensuite l’évolution des salaires. « Le chef d’établissement tiendra alors compte de l’investissement des professeurs et il y aura toute une stratégie de “super collègue lèche-botte”. Ceux qui n’iront pas dans le sens de la hiérarchie seront alors pénalisés », dénonce un délégué de la CGTR Éduc’Action.
Lui qui enseigne dans un établissement du second degré dans l’Ouest estime que cette mesure a « un but caché », à savoir, freiner « la masse salariale », tout en mettant « les établissements et collègues en concurrence ». Il craint que cette réforme « n’encourage guère les recrutements dans l’Éducation nationale » et n’accroît les « pressions » déjà existantes. « L’école n’est pas une entreprise », rappelle-t-il.
De son côté, Marie-Hélène Dor, secrétaire départementale adjointe de la FSU, fustige, en substance, une réforme dont « les critères d’évaluation ne sont autres que l’ampleur de la servilité des enseignants à l’égard des réformes et manifestations ». Elle affirme que l’intersyndicale a le soutien des parents d’élèves de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves), car, dit-elle, « c’est la qualité de l’enseignement qui en pâtit ».
Hier, près de 30% du personnel de l’Éducation nationale aurait été mobilisé dans l’île. Une assemblée générale s’est également tenue en début de matinée à l’Université de La Réunion afin de sensibiliser le public sur le projet de réforme de l’évaluation des enseignants.
À noter qu’une demi-douzaine de vacataires menacées de licenciement étaient également présentes devant les grilles du Rectorat. Les mères de famille en sont à leur sixième semaine de mobilisation. Elles demandent leur contractualisation.
Émilie Sorres pour www.ipreunion.com
Courrier des lecteurs
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